Retour en quelques dates sur la descente aux enfers de l’ex-gouverneure du Mandoul

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Les neuf derniers jours, à compter du 15 octobre n’ont pas été tendres pour Diamra Bétolngar, désormais ancienne gouverneure de la province du Mandoul. Retour chronologique sur le malheur de cette gouverneure.

Le malheur de Diamra Bétolngar commence précisément le 15 octobre 2021, quand elle a approuvé par sa signature, l’accord dit de Koumra pour la réparation civile, en cas d’assassinat ou d’accident. Dès la publication de cette nouvelle dans les médias, la colère monte de partout pour dénoncer cet arrangement qui « piétine les textes de la République ».

Le 19 octobre, les cadres et ressortissant de la province du Mandoul n’ont pas caché leur indignation face à cet accord. Selon eux, « les gens mélangent la vie des populations avec leurs pratiques politiques…La laïcité du pays est mise en cause par Diamra Bétolngar ». A la suite de leur sortie médiatique, les activistes, les politiques, voire les chercheurs ont utilisé divers moyens pour dénoncer cette initiative « dangereuse » et ont appelé le président du Conseil militaire de transition à remettre de l’ordre.

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Le même jour de la sortie médiatique des cadres du Mandoul, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), rend public un communiqué de presse pour demander l’annulation immédiate de cet accord qui risquerait « de mettre à mal la cohésion sociale ».

Quelques heures après ces attaques de la société civile, l’ancienne gouverneure du Mandoul Diamra Bétolngar fait un point-presse pour recadrer le débat. « Mon seul devoir en tant qu’autorité administrative, c’est d’entériner cet accord qui est le fruit du consentement des parties prenantes », a-t-elle martelé tout en demandant aux activistes d’aller chercher des informations fiables avant de s’en prendre à elle. Ce qui a amené le politologue Ahmat Mahamat Hassan a exigé une mise au point du ministère de l’Intérieur.

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Le 21 octobre, le Barreau du Tchad, « se dit indigné par l’initiative et l’aboutissement d’un tel accord qui pourrait avoir pour effet d’encourager la commission d’infractions graves, notamment, l’homicide volontaire…Et dit que cet accord est contraire à l’ordre public, contraire aux valeurs républicaines et contraire à l’idéal de justice pour tous ».

Le 22 octobre, compte tenu des vives protestations, le ministre de l’Administration du territoire, Mahamat Béchir Chérif a tenté de mettre fin au débat, par une correspondance adressée à Diamra Bétolngar. Voici l’une des phrases de ladite correspondance : « Je porte à votre connaissance qu’au regard de la réglementation des textes en vigueur en la matière, ledit accord est annulé dans tous ces effets ».

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Aussitôt, Diamra Bétolngar convoque les signataires de l’accord le samedi, 23 octobre pour leur signifier la décision du ministre. Cette convocation a marqué l’annulation définitive de l’accord de Koumra. Mais cela n’a pas suffit de calmer les internautes qui ne cessent de revendiquer son départ.

« Il faut qu’elle parte », « elle doit partir… », telles sont les réactions des internautes tchadiens, choqués par l’acte de la gouverneure. Tellement les commentaires enflaient, le président du Conseil militaire de transition a décidé de remplacer Diamra Bétolngar par Hissein Dakou par un décret portant le numéro 649, ce 25 octobre 2021. Voilà comment l’accord de Koumra a emporté Diamra Bétolngar, devenue ex-gouverneure du Mandoul.

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