Tchad : « la majorité des chômeurs sont formés dans les domaines des sciences sociales, du commerce et du droit », enquête LAEREAG

Tchad : « la majorité des chômeurs sont formés dans les domaines des sciences sociales, du commerce et du droit », enquête LAEREAG

Dans un rapport d’enquête conduite par le Laboratoire d’étude et de recherche en économie appliquée et gestion (LAEREAG) de l’Université de N’Djamena, il ressort que 35,39 % de chômeurs au Tchad sont ceux ayant suivi une formation dans le domaine des sciences sociales, du commerce et du droit.

L’enquête de l’équipe du laboratoire d’étude et de recherche en économie appliquée et gestion (LAEREAG) a été menée auprès de 3 249 personnes, dont 33% de femmes, réparties entre les demandeurs, les non demandeurs du PADE (Programme d’appui aux diplômés sans expérience). Elle a été conduite par Dr Douzounet Mallaye, enseignant-chercheur à la faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de N’Djamena. Le groupe des demandeurs est constitué des bénéficiaires et des individus qui ont sollicité le programme mais qui ne l’ont pas encore eu. Les non demandeurs (groupe témoin) sont des individus qui n’ont aucune connaissance du PADE.

Les résultats de l’enquête montrent que les demandeurs d’emploi sont généralement concentrés dans le 7ème arrondissement (52,55 %) suivi du 9ème  arrondissement (14,64 %). La commune du 2ème arrondissement reste celui qui enregistre un faible pourcentage de chômeurs (1,32 %).

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Il ressort que 2 258 individus ont demandé le programme et ont été, dans le cadre de l’enquête, contactés par téléphone contre 991 témoins. Parmi les demandeurs, 976 individus ont effectivement bénéficié du programme, soit 42,22 % de demandeurs. Le questionnaire administré a permis de décliner essentiellement la connaissance des programmes d’emploi, la situation d’emploi, les activités principales, la situation du chômage et le profil des demandeurs d’emploi au Tchad.

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On note une prédominance du chômage dans le rang des diplômés du niveau supérieur, au moins 74 % des jeunes ayant une formation supérieure sont touchés par le chômage. Ils sont suivis par ceux ayant un niveau secondaire général (19,36 %) et puis du secondaire technique (3,64 %). Il est de constater que les enquêtés n’ayant que le niveau primaire sont moins affectés par le chômage (2,83 %).

Des diplômés en chômage, plus de la moitié (51,1 %) sont détenteurs de diplôme de Licence, 16,22 % sont titulaires du BEPC et 13,64 % sont détenteurs de  Master  ou D.E.A. Les moins affectés ou touchés par le chômage sont respectivement les diplômés ayant le Brevet et le Bac technique (0.25 %), Doctorat (0,31 %), Cepe/T, BTS / DEUG entre autres.

L’analyse par filière d’étude montre que les jeunes ayant suivi une formation dans les domaines des sciences sociales, commerce et droit sont plus dans une situation d’inactivité que tous les autres. Au Tchad, 35,39 % des chômeurs sont des diplômés de ces domaines. En plus, ceux ayant une qualification en santé et protection représentent 16,91 % des chômeurs et ceux des programmes généraux représentent 10,37 %.

L’analyse du chômage selon la tranche d’âge montre que la majorité des chômeurs ont entre 25-30 ans, autrement dit 41 % des enquêtés se trouvant sur cette tranche d’âge sont sans emploi. Ceux qui ont l’âge compris entre 30-35 ans sont aussi fortement touchés par le chômage. Ils représentent 36,27 % des chômeurs.

Il revient à noter que plus l’âge augmente et moins est la proportion des chômeurs. Le taux de chômage décroit avec l’âge, cela signifie que les jeunes éprouvent plus de difficultés d’accès au marché du travail.

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Un commentaire

  1. REGIS CADET BEINGAR
    6 mai 2019 at 16 h 09 min Répondre

    Très beau travail et merci de vous préoccuper de cette situation que semble méconnaitre nos soit-disant dirigeants. Je ne peux pas tout survoler les problèmes énumérés ici néanmoins, je voudrais dire que le problème de chômage est lié en grande partie à la mauvaise orientation après le BAC car au Tchad la plupart des élèves n’ont pas de choix pour leur devenir après le BAC ( manque de moyens, manque de structures, suivisme…) mais aussi la mauvaise gouvernance car comment comprendre qu’un État indépendant depuis 1960 ne s’est rendu compte qu’en 2018 qu’il y a problème parce qu’il y a trop de littéraires donc il faut créer des lycées scientifiques aussi, tous les jeunes diplômés visent que la fonction publique alors qu’il existe des domaines comme l’agriculture et l’élevage qui sont vierges. Alors la question est de savoir qui doit orienter ces jeunes afin de promouvoir ces domaines? Trop tard Docteur parce qu’on a pensé à ce problème au moment où tout l’argent du pétrole a été dilapidé dans des domaines moins promoteurs et aujourd’hui quand on ne peut rien faire pour ces jeunes, on les accuse. Je me souviens encore Docteur que pour intégrer les étudiants sortis de l’université agronomique de Sarh, le problème est allé jusqu’à l’Assemblée Nationale mais … En plus, essayer de comparer un peu si vous voulez approfondir cette question pour voir quel est l’effectif du personnel du ministère de la défense et celui de l’agriculture et de l’élevage et vous comprendrez que c’est un truc entretenu mais ça commence par se détériorer et je pense que ça va se pourrir bientôt.Merci

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