Selon un rapport, l’Afrique a besoin de former 650 millions de personnes aux compétences numériques d’ici 2030

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Boston Consulting Group estime que le développement des compétences numériques en Afrique n’a pas suivi le rythme de la digitalisation rapide des divers secteurs d’activité économique. 11 % seulement des diplômés de l’enseignement supérieur ont reçu une bonne formation dans ce domaine.

Quelque 650 millions d’Africains devraient bénéficier d’une formation initiale ou de recyclage aux compétences numériques d’ici 2030 pour que le continent puisse tirer pleinement profit de l’énorme potentiel de l’économie digitale, selon un rapport publié en novembre dernier par le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) et qu’a pu consulter l’agence Ecofin.

Le rapport souligne que la demande des services numériques est en plein boom en Afrique, où la pénétration d’Internet a été multipliée par dix depuis 2010, soit un taux de croissance trois fois supérieur à la moyenne mondiale.  

Dans le même temps, des écosystèmes d’innovation très dynamiques ont été déjà développés dans plusieurs domaines tels que les services financiers mobiles, la télémédecine et le commerce électronique. En 2019, l’Afrique comptait aussi plus de 600 hubs technologiques, incubateurs et accélérateurs qui accompagnent les start-up innovantes à tous les stades de leur développement. Dans ce cadre, la pandémie du Covid-19 a constitué un puissant accélérateur de la transformation digitale dans plusieurs secteurs d’activité.  Et la dynamique n’est pas près de s’arrêter. La taille de l’économie numérique en Afrique devrait atteindre 180 milliards de dollars d’ici à 2025 et 712 milliards de dollars d’ici à 2050.

Le rapport précise cependant que l’offre des compétences numériques n’est pas allée de pair avec la digitalisation à marche forcée des économies africaines. Environ 87 % des chefs d’entreprise africains citent le développement des compétences numériques comme un domaine prioritaire nécessitant des investissements supplémentaires.

Des partenariats entre des acteurs locaux et internationaux 

Les pays africains obtiennent également des scores compris entre 1,8 et 5 points dans l’édition 2021 de l’Indice des compétences numériques publié par Wiley, le spécialiste américain d’évaluations et de formations avant et après l’embauche. Ces scores sont largement inférieurs à la moyenne mondiale (6 points). 12 pays africains figurent parmi les 20 pays du monde ayant les compétences numériques les plus faibles, selon ce même indice.

De plus, 11 % seulement des diplômés de l’enseignement supérieur sur le continent ont reçu une formation numérique conforme aux standards internationaux.

Boston Consulting Group note d’autre part que la formation aux compétences numériques devrait cibler prioritairement les jeunes qui arriveront sur le marché de l’emploi durant les prochaines années. Qu’elle soit initiale ou de recyclage, la formation aux métiers du numérique nécessitera, d’après le cabinet de conseil, des partenariats entre plusieurs acteurs locaux et internationaux. Il s’agit notamment du secteur privé local, des incubateurs actifs sur le terrain en Afrique, des entreprises technologiques mondiales comme Cisco et IBM et les établissements d’enseignement supérieur, qui devraient renforcer leurs relations avec les universités internationales de renom.

Le rapport souligne par ailleurs la nécessité pour les pays africains d’investir dans la formation de compétences spécialisées dans l’analyse des données climatiques afin de renforcer la résilience du continent au dérèglement du climat. Il rappelle dans ce cadre que les 16 pays africains sont classés parmi les 20 pays les plus vulnérables au changement climatique à l’échelle mondiale, tandis que 8 Etats africains seulement ont élaboré des plans nationaux d’adaptation (PNA) dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

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