Plateforme syndicale revendicative : retour sur une assemblée générale bouillante

Plateforme syndicale revendicative : retour sur une assemblée générale bouillante

SYNDICALISME – A l’occasion de l’assemblée générale qu’a tenue la plateforme syndicale revendicative le 4 janvier à la Bourse de travail, un compte-rendu des dernières négociations avec le gouvernement a été présenté par les leaders syndicaux. Dans le document, figurent des propositions du gouvernement et contre-propositions de la plateforme. Retour sur une AG bouillante.

Dans la cour de la Bourse de travail ce 4 janvier, malgré le froid, une foule s’installe. Les uns couverts de pulls et les autres enturbannés. Les syndicalistes prennent d’assaut la Bourse du travail pour leur assemblée générale.

Peu à peu, l’espace se remplit d’hommes et de femmes. L’on peut de visu remarquer une impatience en ces syndicalistes. Dans les couloirs, des discussions entre amis et collègues commencent. D’aucuns parlent déjà d’une probable grève si rien n’est fait. D’autres, des problèmes scolaires. Mais après tout, l’on est déjà là et attend ce qui ressort des négociations. Pas trop tôt, l’assemblée générale débute par l’hymne national.

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Le porte-parole de la plateforme Barka Michel prend ensuite la parole pour rappeler les choses. « Nous avons suivi l’évolution de nos décisions. Nous avons dit que nous suspendons nos actions pour les reprendre au mois de janvier. Vous tous aviez suivi le discours du Chef de l’Etat. Un discours qui dit qu’on va nous payer de manière partielle et graduelle. Il dit qu’il va nous payer nos AGS, transports, indemnités et que sais-je encore. Mais il n’a pas clairement dit ce que cela veut dire. On aimerait qu’on nous dise concrètement de quoi cela veut dire. Après son discours, l’équipe de négociation a rencontré le gouvernement qui a fait ses propositions. »  

Le porte-parole de la plateforme syndicale Barka Michel
Les propositions du gouvernement 

Concernant l’augmentation générale et spécifique (AGS), le gouvernement a proposé une augmentation de 10% en janvier et 5% en juillet 2020 aux fonctionnaires. Une augmentation de 10% sera faite en janvier 2021 et janvier 2022.

Ce qui va des primes et indemnités, il est proposé en janvier et juillet 2020 une remise de 10%. Et en janvier 2021, une augmentation de 15% et janvier 2022, aussi 15% en juillet.

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Pour les frais de transport, il est question des arriérés de 2016 qui montent à une hauteur de 9 milliards, ajouter à ceux de 2019. Le gouvernement propose le payement de ces arriérés en 2020, avec les recettes récoltées de l’assainissement du ficher de la solde.

Enfin, pour ce qui est des gels des effets financiers, des avancements et des reclassements, le gouvernement a proposé de mettre en place une commission chargée de recenser, vérifier et évaluer toutes demandes d’avancement, de reclassement afin de payer.

Les contre-propositions de la plateforme revendicative

La plateforme syndicale revendicative, à la lumière de ces propositions, a, de son côté, fait des contre-propositions. Ceci, après une étude des propositions du gouvernement.

En ce qui concerne les AGS, il est demandé au gouvernement de payer la totalité et à partir de 2020. Une proposition qui a été applaudie par l’assistance à la Bourse de travail.  La question des indemnités et primes a aussi été abordée. Pour la plateforme, il y a lieu d’être un peu flexible sur ce point. C’est pourquoi, 25% doit être payer en 2020 et le restant en 2021.

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Pour les frais de transport, la plateforme exige que la totalité soit versée en 2020. Et pour les gels des effets financiers, des avancements et reclassements, les syndicalistes exigent que les gels soient levés en 2020 et aussitôt déclenché le payement.

Une grève dès lundi 

Après présentation du compte-rendu, les fonctionnaires présents ont pris la parole à tour de rôle. L’on peut entendre aussi dans la foule : « On déclenche une grève immédiate », « S’ils ont de l’argent pour organiser les élections en 2020, c’est qu’ils ont aussi pour payer les fonctionnaires », « Trop de négociations tuent la négociation », « Celui qui est mordu par le serpent doit avoir peur de la corde. Cela fait déjà trois ans qu’on vit dans le mensonge ».

La détermination y est pour une grève immédiate. Mais pour le porte-parole de la plateforme, Barka Michel, il faut donner une dernière chance. « Nous allons repartir dès ce soir voir le gouvernement avec vos demandes et nous aurons une assemblée générale ici le lundi 6 janvier 2020 pour vos les modalités. »

Ce qui veut dire que si le gouvernement ne prend pas en compte les propositions faites par la plateforme. Les Tchadiens diront au revoir aux cours et l’on atterrira, comme en 2017, dans une nouvelle grève. Pendant ce temps, il est donc midi dans les locaux de la bourse de travail. Le monde se vide sous un climat bourré de brouillard et de la fraîcheur.

Un commentaire

  1. zols235
    4 janvier 2020 at 19 h 48 min Répondre

    Et dans tout ça,le président dit aller intégrer 20000 jeunes!C’est une promesse dans l’air.On ne croit pas.

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