Médias : la responsabilité doit se baser sur la compétence !

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4 responsables de médias interrogés dans le cadre de ce dossier

DOSSIER – Dans les médias publics et privés au Tchad, l’on constate que peu de femmes sont promues à des postes de responsabilité. Ce qui ne permet pas d’évaluer la problématique de la parité et du quota tant prôné par les autorités et partenaires impliqués dans le processus de mise en œuvre des ODD (Objectifs de développement durable) au Tchad. Cette situation d’insuffisance des femmes dans les hautes fonctions de décision n’as pas laissé indifférents certains responsables des médias qui se prononcent sur la question.

« Car nous tous sommes égaux, devant Dieu et devant la loi », Abbé Ningatoloum Séverin, Directeur de la radio Arc-en-ciel

Pour le directeur de la radio Arc-en-ciel, Abbé Ningatoloum Séverin, la politique de recrutement du personnel est basée sur la compétence sans distinction de sexe. Car, estime -t-il : « nous tous sommes égaux, devant Dieu et devant la loi. » Conformément à la politique de recrutement mise en place au sein cette radio, les femmes sont majoritaires par rapport aux hommes. Ensuite, du point de vue de responsabilité, actuellement le service de la coordination des programmes est occupé par une femme. Cette dernière est compétente et assume bien sa responsabilité. En tant que directeur, je ne me plains pas d’elle.

« Voyez-vous, quand on vient à 7 heures et demie, c’est pour rentrer un peu tard si c’est un jour de bouclage », Djendoroum Mbaininga, Directeur du journal N’Djaména Hebdo

Contrairement à la radio Arc-en-ciel où les femmes occupent des postes de responsabilité, au journal N’Djaména Hebdo, créé depuis plus de trente ans, aucune femme n’occupe le poste de responsabilité. Pour justifier ce manque, le Directeur Djendoroum Mbaininga révèle qu’au niveau de leur rédaction, les femmes viennent mais ne restent pas longtemps. Ce qui ne permet pas aux responsables de cet organe de les responsabiliser. Il est aussi difficile aux responsables de comprendre exactement ce qui est à l’origine de cette instabilité des femmes au sein de la rédaction. Il suppose que, ces femmes ne supportent pas le poids du travail qui ne leur permet de concilier avec le travail de la maison. « Voyez-vous bien, quand on vient à 7 heures et demie, c’est pour rentrer un peu tard si c’est un jour de bouclage », explique-t-il. Un autre argument pour toujours justifier ce manque, ce sont les mauvaises conditions de vie et de travail et surtout du traitement des journalistes souvent décriées. C’est aussi l’une des raisons qui amènent les femmes à refuser d’occuper de postes de responsabilité mal rémunéré.

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« Les femmes sont encore dans le couloir classique », Mamadou Djimtebaye, promoteur du journal en ligne Tchadinfos.com

Si certains responsables ont pris la résolution de nommer les femmes sur la base de la compétence, d’autres évoquent la question de manque d’engagement des femmes elles-mêmes. Le promoteur du journal Tchadinfos.com, Mamadou Djimtebaye indique que les femmes veulent encore rester dans le couloir classique. Ce qui fait qu’il n’y a pas les femmes responsables dans son entreprise. Tout de même, il réitère que par le passé le desk culture a été géré par une femme. Mais, au fil du temps la responsable a bénéficié d’une bourse d’étude pour le master dans ledit domaine. Pour lui, responsabiliser une femme est une bonne chose et ça fait partie de la politique de cet organe de presse. C’est pourquoi, il souhaite avoir plus de femmes et filles qui sont sorties de l’école de journalisme de venir travailler à la rédaction du journal Tchadinfos.com. Malheureusement il déplore que beaucoup de femmes ne choisissent pas le travail au journal éditorial, surtout à la presse écrite.

« La femme doit être responsabilisée au même titre que l’homme », Stanislas Asnan, Rédacteur en chef du journal Le Pays

Comparativement aux autres organes, le journal « Le Pays », respecte la parité. C’est ce qu’explique son Rédacteur en chef, Stanislas Asnan. Sur douze reporters que compte son journal, il dénombre six (6) femmes parmi lesquelles deux pigistes. Mais, il mentionne que le souhait du fondateur dudit journal est de responsabiliser plus de femmes. « La femme doit être responsabilisée au même titre que l’homme » indique-t-il.

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