Urbanisation : N’Djamena est-elle exposée aux risques  de catastrophe ?

Urbanisation : N’Djamena est-elle exposée aux risques de catastrophe ?

L’extension de la ville de N’Djamena se fait souvent dans des zones à haut risque, en l’occurrence des zones de mobilité des cours d’eau. Ceux-ci sont généralement la source de toutes les inondations. Les risques liés à l’occupation anarchique des espaces, à défaut d’un plan d’urbanisation sont grands.

Les populations tchadiennes et surtout celles de N’Djamena sont en permanence sous la menace des catastrophes. L’analyse d’Abdalmadjit Ali Ahmat revient sur des exemples concrets pour attirer l’attention des pouvoirs publics. Ladite analyse est axée sur les zones non-appropriées à l’urbanisation à l’instar des sites protégés et les zones à vocation industrielle.

Les inondations chroniques

Les inondations sont monnaie courante au sein de la ville causant des pertes matérielles ainsi qu’humaines. Les quartiers comme Moursal, Amriguebé, Diguel, entre autres sont confrontés aux problèmes d’inondations chroniques. Si une intervention à la grandeur des risques n’est pas faite, la ville risque de se retrouver dans une situation catastrophique.  Quelques exemples peuvent déduire qu’en dehors des maladies ou épidémies, le risque d’inondation est un défi majeur pour la ville de N’Djaména.   dans la nuit du 13 au 14 Août 2017, Freetown capitale de la Sierra Leone a été frappée par une inondation causant 499 morts  et  plus de 800 disparus. Récemment, la Côte d’Ivoire à la date du 20 juin 2018 était victime d’une inondation faisant au moins 20 morts.

Le foncier coûte cher

La non maîtrise du foncier encourage cette extension anarchique. Les populations à faible revenu ou pauvres, estimées à 35% (Source : ECOSIT)  n’ont pas souvent  accès au site stratégique de la  ville, le seul choix, est d’aller s’installer dans des zones exposées à tout risque urbain.

Il n’y a pas de mesures strictes relatives aux normes d’hygiène

La capitale N’Djaména souffre d’un mauvais dispositif d’hygiène et d’assainissement de qualité. Il y a un peu partout, une accumulation des ordures dû à l’irrégularité ou du manque de collecte. En effet, il y’a une absence de suivi et d’entretien des camions de collecte communément appelé « N’Djaména Nadif ». Mais également, le non-paiement des taxes ménagères et  l’inaccessibilité de certains quartiers spontanés sous l’effet de l’étroitesse des voies sont des facteurs qui participent à l’insalubrité de la ville. On peut également constater que dans tous les marchés de N’Djaména, il n’y a pas des mesures strictes relatives aux normes d’hygiène. La majorité des ménages n’a pas accès au bac à ordure de la mairie, la seule alternative qu’ils ont c’est le dépôt sauvage aux bords de la route ou aux alentours des concessions. Selon le programme de coopération Tchad-UNICEF 2017-2021 dans le secteur de L’Eau, Hygiène et Assainissement, la dernière épidémie de choléra a entraîné 1250 cas à l’échelle Nationale et 81 décès soit un taux de létalité de 6,5%.

Un environnement économique défavorable

N’Djaména est classée en neuvième position parmi les capitales les plus chères après Kinshasa en République démocratique du Congo, selon le rapport mondial publié récemment par le cabinet international Mercer. A cette allure, N’Djaména n’attire guère les investisseurs, et « s’urbanise en restant pauvre », car il n’y’a pas un environnement économique favorable qui pourra stimuler son développement socio-économique.

Les besoins en logement vont grandissant

Le secteur du logement est encore à l’état embryonnaire selon le Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, seulement 2300 unités de logement sont construites  par an alors que les besoins sont estimés à 28000 logements par an. L’écart entre l’offre et la demande reste énorme.

Pas de société de transport en public

Enfin, la ville de N’Djaména n’a aucune société publique de transport en commun et le système de transport en ville  est dans une précarité totale. Il est assuré par des minibus qui ne sont pas entretenus convenablement avec un manque de professionnalisme pour certains transporteurs mais aussi une évolution croissante des prix de transport. Le prix minimum est de 100 FCFA, pour un trajet allant de 2 à 3Km.

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