TRIBUNE : « Je réclame la dépouille de notre père … Mais je le fais en ayant l’esprit de pardon » Brahim Ibni Oumar Mahamat Saleh

TRIBUNE : « Je réclame la dépouille de notre père … Mais je le fais en ayant l’esprit de pardon » Brahim Ibni Oumar Mahamat Saleh

Concilier ces deux exigences : Réclamer un droit naturel avec le souci d’une paix durable plus ou moins intégrée au Tchad :

Chers parents, frères, amis et camarades,

Chers compatriotes tchadiens,

Pour sa famille, ses amis, ses camarades, c’est donc un jour commémoratif. Même s’il est relatif à un évènement douloureux.

Comme on le sait, le Professeur Ibni Oumar Mahamat Saleh n’ayant plus donné signe de vie depuis lors, on s’incline devant l’hypothèse qu’il n’est plus de ce monde. Dans cette perspective, on implore Dieu afin que la terre lui soit légère.

Cela dit, depuis lors la famille d’Ibni, ses amis et camarades du Tchad, de l’Afrique et du monde entier, chacun en ce qui le concerne et à sa façon, n’ont cessé de réclamer si non justice effective du moins assez de lumière sur la disparition tragique du Professeur, du père de famille, du frère, du scientifique, de l’ami mais aussi du camarade de lutte politique démocratique que fut l’homme. Cela est d’autant légitime qu’on sait que le Professeur fut enlevé par la garde présidentielle à cause de ses convictions avant de ne plus donner signe de vie. En d’autres circonstances, certains de ses amis et autres envisageraient tous les moyens pour que justice légale soit faite autour du cas du Professeur Ibni.

Personnellement, moi Brahim Ibni Oumar Mahamat Saleh, j’aurais souhaité utiliser tous les moyens pour que la loi puisse être appliquée dans ce cas de figure. Mais aujourd’hui notre cher pays le Tchad connait beaucoup de problème interne, comme d’ailleurs tous les pays du Sahel ou il m’a été donné de mener des enquêtes ou d’y participer. Par conséquent, aujourd’hui comme hier je réclame des pouvoirs publics tchadiens la dépouille de notre père afin qu’il ait droit à une sépulture digne de lui. Mais je le fais en ayant l’esprit de pardon, en mettant l’intérêt supérieur du Tchad en avant. Personnellement je suis disposé à accorder mon pardon s’il peut servir à quelque chose à tous ceux qui ceux qui pourraient me le demander ou tout simplement en avoir besoin relativement à la disparition tragique du Professeur Ibni. Je considère que ceux qui luttent pour que justice soit faite autour du cas Ibni peuvent concilier cette exigence, sans haine contre qui que ça soit, ni menée belliqueuse mais de façon ferme et engagée toujours avec le besoin de cohésion sociale du Tchad que nous devons tous défendre.

Je continue à croire qu’il est concevable que nous réclamions au moins la dépouille du Professeur Ibni Oumar Mahamat Saleh qui est un droit naturel en même temps que nous nous soutenions face aux défis auxquels nous faisons face notamment les problèmes du développement, de la lutte contre les extrémismes violents, celui de la coexistence pacifique des communautés ou de groupe etc… C’est donc avec un esprit très préoccupé pour le Tchad et même disposé à évoluer dans le sens d’une vraie paix durable, d’un développement dans la responsabilité que je réitère une des préoccupations fondamentales qui m’ont animé ainsi que beaucoup de parents, camarades et amis, depuis 12 ans.

C’est avec un esprit de pardon et non de revanche que je viens aujourd’hui humblement demander au peuple tchadien et aux autorités tchadiennes le droit le plus primaire de l’être humain de  voir la dépouille de son père et/ou de voir sa sépulture afin que son âme repose définitivement en paix et que les héritiers physiologiques et sociétaux puissent prendre son exemple comme une inspiration dans le combat de la démocratie et de la dignité de la personne humaine et tourner définitivement cette page sombre de l’histoire du Tchad.

La dépouille du Professeur Ibni ou au moins une déclaration officielle des pouvoirs publics tchadiens sur sa disparition totale et de leur part un esprit de réconciliation. Si j’avais un appel à lancer à l’ensemble de mes compatriotes, c’est de les appeler à d’avantages de cohésion sociale, de travail, d’honneur, et de soutien à toute initiative visant à promouvoir la paix, le vivre ensemble et le développement de notre pays.

Enfin, j’appelle de tous mes vœux le gouvernement tchadien à libérer tous les prisonniers politiques et à créer un cadre de dialogue en vue de faire la paix avec l’opposition armée et les tchadiens exilés ou qui se sentent comme tels. Car au 21ème siècle, les rebellions, les prisonniers politiques, les exilés, les assassinats ne peuvent que détruire la crédibilité de tout gouvernement qui en sera tenu responsable. Cela peut même conduire ou exposer ce gouvernement à des sanctions multiples de la part des institutions internationales et des partenaires extérieurs.

Pour ma part, j’aurai dû faire la politique pour tester la popularité de l’idéologie et des idéaux auxquels je crois à l’occasion d’élection libre, démocratique et transparente, auxquelles j’aurai la prétention de me présenter dans mon pays en vue de proposer des politiques publiques plus porteuses de paix, de développement au Tchad. Mais j’ai choisi pour le moment d’être un acteur pour la paix et le développement dans le monde en particulier au sahel. En clair, j’opte pour le statut de militant pour la paix, le vivre ensemble, la sécurité et le développement, ou de membre de structure intervenant dans ce cadre. Ainsi donc, je ne demeure qu’un observateur très éloigné de la scène politique même si je pourrais être amené à travailler avec les représentants de l’Etat et les leaders sociaux et communautaires sur des projets de développement et de paix au Tchad, au Sahel et dans le monde.

Je rappelle qu’une paix réelle et un développement durable ne sont possible au Tchad que quand les acteurs sont sincères et non motivés seulement par l’argent et le prestige. Si non tout va s’effondrer à la moindre occasion.

Le Tchad en tant que patrie n’est viable que dans l’unité de toutes ces composantes, le bien fait ou le mal d’un citoyen ne peut en aucun cas engagé la responsabilité d’un autre citoyen.

La diversité de notre composante peut être mieux utiliser pour le progrès de ce pays que pour sa perte.

Nous sommes tous responsable devant l’histoire, notre combat de tout instant et dans toute activité est résolument orienté vers l’unité et rien que l’unité du Tchad.

Sur ce, je ne saurais terminer sans rendre hommage à tous les martyrs de notre pays sans exception.

Brahim Ibni Oumar Mahamat Saleh

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