Mardi 18 mai 2021

Transport urbain : entre tracasseries policières et les pannes, les chauffeurs des bus se débrouillent

Après l’historique et l’organisation de la gare des bus de transport urbain du marché à mil,  le deuxième épisode consiste à faire un zoom sur le quotidien d’un chauffeur et son convoyeur, la gestion d’un bus et sa rentabilité pendant la journée.

La journée du mardi, est un jour maussade pour Hamza Ousman, la vingtaine, d’abord convoyeur puis chauffeur de bus. Au petit matin, au moment de démarrer sa voiture, il se rend compte que le flexible de frein est brisé. Il faut changer un autre à 2 000 FCFA. Mais c’est encore le matin, il n’a en poche que l’argent du carburant. Le regard perdu, Hamza demande à son convoyeur, un jeune garçon du même âge que lui  de voir si la boutique de Charfa est déjà ouverte. Ça y est, elle est ouverte. Le flexible et le liquide de frein sont pris en bon. Dernière étape, il faut encore négocier avec le mécanicien. « On va te payer après le premier tour », lui dit Hamza. Quinze minutes après, le bus est prêt pour embarquer les passagers  de Diguel. Comme c’est encore le matin, il a fallu 20minutes pour faire le plein. A cause de la vétusté de la plupart des bus, les problèmes de panne sont fréquents.

Faire face à la police

Autre obstacle à surmonter, c’est la police. Rien que le tronçon marché à mil-Diguel, il y a au moins quatre rond-point et chacun est entouré des polices qui font semblant de gérer la circulation mais en réalité pour attendre les bus et les arrêter un à un. « On nous force à payer 500 ou 1 000F à chaque rond-point et si on demande le motif ou le  reçu de ce qu’on a payé, c’est là où ils vont te créer des problèmes et te compliquer la situation. On fait avec », regrette Hamza Ousman. « Et même si quelqu’un à toutes les pièces de sa voiture, on va toujours lui demander de l’argent », complète le convoyeur.

Le bilan de la journée

A 18heures, les deux jeunes, tout fatigués, garent la voiture à la gare. C’est le moment de faire le bilan de la journée et aussi du partage. Ils bouclent  cette journée là avec  12.000F hormis le 2 000F du petit déjeuner et du déjeuner. Comme convenu, le chauffeur prend 2 000F et donne à son convoyeur 1 000F. L’argent du flexible, de liquide de frein et de carburant  est aussi mis de côté. Le  reste est pour le propriétaire du véhicule.   Une journée harassante et stressante pour les deux jeunes. Ils descendent de leur voiture déjà garée, ferment les portières et se séparent pour entamer le jour suivant qui sera peut être moins infernal.

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Al-mardi Charfadine
44e promotion de l'ESSTIC (Yaoundé) - webjournaliste : journalisme d'humanité et d’humilité... @Almardi93

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