Le Tchad veut inverser la tendance du VIH/sida d'ici 2015

N’DJAMENA, 24 janvier (Xinhua) — Face au grand défi du manque d’infrastructures et des moyens pour le traitement gratuit des victimes, le pouvoir publique tchadien a réaffirmé le week-end dernier sa détermination d’inverser la tendance du VIH/sida d’ici 2015, avec l’élimination à cette date sa transmission de la mère à l’enfant au centre des actions.

“Les données sur la prévalence du VIH ne sont pas acceptables. Les femmes sont exposées au risque le plus élevé au monde de perdre leur vie en donnant la vie, et elles sont soumises à toutes sortes de violence dues à leur statut de femme et au Sida”, a déploré Ngarmbatina Carmel Soukate, ancienne ministre de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, le week-end dernier en lançant les activités de la Semaine nationale de la femme tchadienne (SENAFET) 2013.

Chargée d’organiser la SENAFET du 1er au 7 mars 2013, Ngarmbatina Carmel Soukate promet que le leitmotiv sera accentué sur “zéro nouvelle infection à VIH, zéro décès et zéro discrimination” pour que la tendance du VIH soit inversée d’ici deux ans au Tchad.

Dans ce pays de l’Afrique subsaharienne, la prévalence du sida chez les femmes s’élève à 4%, contre 2,6% chez les hommes, dans la tranche d’âge de 25 à 34 ans, d’après des données du ministère de la Santé publique de novembre 2012.

La transmission de la mère à l’enfant n’est traitée que dans 140 structures de santé, soit un taux de couverture géographique de 13%. Le taux d’utilisation des antirétroviraux (ARV) chez les femmes enceintes séropositives n’est que de 10% et celui des enfants exposés de 6%.

Le taux de prévalence global du VIH/sida est de 3,4% dans la population de 15-49 ans, d’après les mêmes sources précitées qui révèlent 360.000 personnes vivant avec le VIH sur une population totale de plus de 11 millions d’habitants.

“Nous comptons sur l’action énergique et la concertation des efforts avec la pleine et active participation de tous nos partenaires. Tous ensemble, nous devons tenir notre promesse d’inverser la tendance du VIH/sida d’ici 2015 et d’éliminer à cette date sa transmission de la mère à l’enfant”, avait annoncé le ministre tchadien de la Santé publique, Dr Mahmoud Nahor Ngawara, en décembre dernier, à l’occasion de la Journée mondiale contre le sida.

Pour le ministre de la Santé, les actions des dernières années pour accroître l’offre en services de santé de reproduction ont enregistré des résultats encourageants. Un hôpital moderne de la mère et de l’enfant est construit à N’Djaména en 2010, d’autres sont prévus dans des villes de province. Sans oublier le renforcement des capacités du personnel, la gratuité des soins obstétricaux et néonataux d’urgence, des dons en médicaments de santé reproductive et la fourniture des ambulances aux hôpitaux.

“Aujourd’hui, le nombre de personnes sous traitement aux ARV est passé de 7.000 en 2007 à plus de 32.000. Avec la disponibilité des ARV de deuxième ligne, un nouveau pas est franchi”, avait affirmé Dr Nahor Ngawara en décembre dernier.

Le gouvernement tchadien, sur ses fonds propres, finance à près de 51% cette prise en charge gratuite, ajoute le ministre de la Santé publique. “Le Tchad est l’un des rares pays au monde et le deuxième en Afrique à prendre en charge le coût de traitement des personnes infectées par le VIH”, s’est-il félicité.

Par ailleurs, selon le Plan stratégique national triennal (2012-2015), le Tchad veut se faire un pays où “la tendance de l’épidémie s’est inversée dans tous les groupes sociaux et où les personnes vivant avec le VIH ont accès à tous les services nécessaires, grâce à une riposte plus intelligente, bénéficiant d’un soutien national accru et d’un accompagnement international adéquat”, a expliqué Dr Nahor Ngawara.

La mise en œuvre de ce plan nécessite plus de 105 milliards FCFA. “Le montant du budget est en rapport avec, d’une part, la prise en compte de nouvelles cibles et l’ambition d’éliminer la transmission mère-enfant du VIH; et, d’autre part, la nécessité de lutter contre la stigmatisation et la discrimination qui sapent les efforts de la riposte au VIH, de renforcer le système de santé en matière de VIH, les capacités des organisations communautaires, religieuses et coutumières, les comités sectoriels et les conseils régionaux de lutte contre le sida”, précise à Xinhua Dr Barou Djouater, secrétaire exécutif du Comité national de lutte contre le sida (CNLS).

Dr Barou Djouater appelle à une mobilisation des ressources internes pour faire face au sida, au lieu de continuer à compter sur l’aide internationale qui se fait de plus en plus rare. Il propose à cet effet un plaidoyer auprès des entreprises privées exerçant au Tchad, l’introduction systématique d’un volet VIH dans les projets et programmes de développement, la promotion de la mise en place de fonds sociaux dans les services, etc.

Une table ronde des bailleurs de fonds se tiendra dans les mois à venir à N’Djaména, promet le responsable du CNLS qui assure que les préparatifs de la rencontre sont déjà très avancés. Fin

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