Tchad :  Un métier, deux générations, une responsabilité

Tchad : Un métier, deux générations, une responsabilité

SOCIETE- Certains métiers sont ignorés ou négligés dans notre société. Pourtant, ils font vivre des familles. Tchadinfos ouvre un dossier sur ces métiers. Pour commencer, la cordonnerie.


Originaire du Sud du pays, Felix Nanadoum est âgé de 25 ans. Il a quitté son village pour ”spécialement” exercer la seule activité qu’il maitrise le mieux pour ” aider sa famille à survivre”. La cordonnerie. Il dit être fier de ce travail malgré qu’il fait face à des clients qui le négligent et lui manquent de respect. Mais le plus important, selon lui, c’est de parvenir à remplir la lourde responsabilité qui repose sur ses épaules. ”Je suis venu de Peni depuis plus de 4 ans déjà. Je suis marié. En plus de ma femme et mes enfants, j’ai ma vieille maman et mes cadets que je prends en charge avec mon travail de cordonnier puisque je suis l’aîné de la famille”, explique Felix. A N’Djaména, ajoute-t-il, “quand tu es cordonnier, l’on pense que tu exerces la dernière activité au monde”. Mais Nanadoum estime ” que trouver de l’argent en travaillant est mieux qu’être un voleur”.

Avec le peu qu’il gagne quotidiennement, entre 2000 et 2500f, rarement 3000f, sous le soleil ardent de N’Djaména, Félix répartit cet argent entre ses besoins et ceux de sa famille.

Félix, le cordonnier


Comme Félix, Ousmane Mahamat est lui aussi cordonnier dans le 1er arrondissement de N’Djamena. Négligé par son entourage au début de sa carrière, le quadragénaire a su, au prix d’un travail acharné, imposer le respect. Car il a fait d’énormes progrès en l’espace de quelques années. ”Je suis venu à N’Djamena en 1995, je ne suis pas allé à l’école et je ne savais quoi faire pour subvenir à mes besoins; je me suis lancé dans ce métier un an après ma descente en ville. Au début, j’avais juste une petite table où je faisais des cirages et autres petites retouches des chaussures. Quelques années plus tard, j’ai pu louer une chambre pour en faire mon atelier”.

Dans son atelier, Ousmane vend un peu de tout: valises, sacs à mains et à dos, bassines, chaussures… Ce qui lui permet d’employer une personne et de réaliser un chiffre d’affaires journalier qui oscille entre 5000 et 10000f, voire plus.

Aujourd’hui, Ousmane totalise plus de 20 ans de carrière. Grâce à ses économies, il s’est acheté une moto. Et sa famille composée de 7 personnes, est à l’abri du besoin.


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