Tchad : sur les traces de l’école évangélique tchadienne des sourds

Tchad : sur les traces de l’école évangélique tchadienne des sourds

L’école évangélique tchadienne pour les Sourds (EETS) située au quartier Ardep-djoumal, est unique en son genre.  Depuis 1971, date de sa création, l’EETS s’occupe de la formation des enfants sourds et  ceux qui souffrent de déficience auditive. Le partenariat avec l’ONG qui assure son fonctionnement est déjà à terme et l’aide de l’Etat se fait rare.

A l’entrée de l’école, on s’aperçoit que la communication, ici, est gestuelle. Le planton, par un geste, signifie au directeur de l’école que son bureau est déjà nettoyé. Un élève arrive en retard. L’enseignant tape les mains et multiplie les gestes. C’est pour lui dire que le retard n’est pas permis ici.

« C’est une école comme les autres. Nous enseignons avec les programmes élaborés par le ministère de l’éducation mais la différence réside au niveau de la transmission de connaissance qui met l’accent sur une communication gestuelle et labiale », explique Adoumnodji Beyem, le directeur.

En classe de CM2, Florence Minguebaye, institutrice, 10 ans d’expérience dans cette école, donne un cours de grammaire. Elle se tient bien droit devant ses élèves. Avec des gestes de la main et les mouvements de la lèvre que le cours sur la construction d’une phrase est donné. « Cette technique est pénible et ça retarde la compréhension. Avec les images, ils vont bien comprendre mais malheureusement l’école n’a pas de moyen » se plaint-elle.

Jusqu’ici l’école ne compte que 71 élèves inscrits. « Les parents nous disent qu’ils n’ont pas de moyens pour inscrire leurs enfants pourtant le frais d’inscription est à seulement 30 000FCFA l’année. Il y a aussi la grève qui a perturbé la rentrée de cette année » souligne le directeur.

L’EETS est crée en 1971 par un américain noir du nom Andrew Foster. Depuis sa création, l’école des sourds est soutenue financièrement par l’ONG Christoffel Blind Mission (CBM) mais là le partenariat prend fin en 2018. Pourtant, l’école fait face à des difficultés multiples. Les six enseignants que compte l’école ont besoin d’une formation adaptée que ce soit en pédagogie ou en psychologie de sourds. Les équipements et les matériels didactiques adaptés pour faciliter la formation de ces enfants font aussi défaut dans cette école. Que l’Etat et les ONGs viennent en aide à cette structure qui éduque et apprend aux déficients de surmonter et faire valoir leurs talents.

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