Tchad : la situation humanitaire à l'Est risque de se détériorer

N’DJAMENA, 10 mai (Xinhua) — La situation humanitaire dans la région tchadienne du Sila, frontalière avec le Darfour, où des réfugiés soudanais continuent d’affluer, risque de se détériorer si rien n’est fait, a déclaré le gouverneur de ladite région, le général Moussa Haroun Tirgo, au journal Le Progrès, le quotidien local paru vendredi.

“Si rien n’est fait dans les jours à venir, le pire est évident. Il va y avoir une catastrophe humanitaire. Quand il commencera à pleuvoir, les routes seront coupées. Les humanitaires seront relocalisés dans les centres où les routes sont accessibles “, a précisé le général Moussa Haroun Tirgo.

Le gouverneur du Sila a ajouté être venu à N’Djaména, capitale du Tchad, pour informer, de vive voix, les plus hautes autorités du pays de la situation qui prévaut actuellement à l’Est. “Notre souci majeur pour le moment est que le gouvernement fasse tout pour aménager la piste d’atterrissage de Tissi (la ville où les réfugiés sont accueillis depuis deux mois, Ndlr), pour qu’en cas d’urgence, l’on puisse intervenir rapidement par voie aérienne “, a-t-il indiqué.

Selon le gouverneur du Sila, près de 28.000 Soudanais et plus de 20.000 Tchadiens ont fui les conflits intercommunautaires au Darfour et sont arrivés à Tissi. Quelques 50.000 autres réfugiés soudanais attendent à être recensés.

“D’après nos informations, beaucoup d’autres seraient prêts à traverser la frontière soudanaise pour rejoindre leurs compatriotes qui ont déjà trouvé refuge dans la région du Sila”, a ajouté le général Moussa Haroun Tirgo.

L’accès de Tissi présentant beaucoup de contraintes logistiques, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a relocalisé les réfugiés de Tissi vers les camps de Djabal et Goz Amir qui accueille, depuis 2004, 26.000 réfugiés soudanais ayant fui de précédents conflits au Darfour

Mi avril, le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Mahamat Faki, a appelé au “soutien indispensable” des pays et des organisations à ses côtés pour faire face à cette situation humanitaire extrêmement préoccupante.

La Chine, pays ami et partenaire privilégié du Tchad, n’a pas hésité pas à voler au secours de ce pays d’Afrique centrale, en lui remettant, la semaine dernière, un chèque de 51 millions F CFA (environ 102.000 USD).

“La valeur est modeste, mais c’est le geste qui compte”, avait indiqué le chargé des affaires de l’ambassade de Chine au Tchad, Qian Jin.

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