Tchad : La raffinerie est fonctionnelle, mais…

Le 29 juin 2011, le chef de l’Etat et ses nombreux invités de marque ont célébré en grande pompe la cérémonie d’inauguration de la raffinerie de Djarmaya, située à 40 km de N’Djaména. Une première dans l’histoire du Tchad qui, sur le plan énergétique, était depuis des lustres, toujours dépendant  de ses deux voisins de l’Ouest que sont le Nigéria et le Cameroun. La nouvelle a été accueillie très favorablement par la population tchadienne. Du haut de la tribune où il livrait ses impressions à la presse, Idriss Déby Itno a déclaré que le prix de l’essence, du pétrole lampant, du kérosène, du gasoil etc, ne doit pas dépasser les 200 FCFA à la sortie d’usine. Prix provisoire pour une durée de trois mois, le temps de finir les négociations sur les prix définitifs. Il y aura 20 mégawatt d’électricité qui seront vendus à la nouvelle Société nationale d’électricité sortie des cendres de la Société tchadienne d’eau et d’électricité (STEE). Déclaration politique ou effet d’annonce? En tout cas, difficile de dissocier les deux. Cela rappelle la joie manifestée par IDI lors de l’ouverture de la vanne du pétrole de Doba à Komé en octobre 2003. Il s’en est suivi une liesse populaire et l’on a pensé que l’or noir allait permettre de répondre aux désidératas des populations tchadiennes. Mais que n’a-t-on pas constaté après que le pétrole tchadien eût engrangé des recettes faramineuses ? La grande joie des Tchadiens a fait place aux regrets, aux pleurs et aux lamentations. Revenons à la raffinerie de Djarmaya. Même si elle est une occasion pour le Tchad d’avoir son indépendance énergétique, fort de l’expérience avec le pétrole de Doba, l’on est en droit d’émettre des réserves quant aux bénéfices qu’en tireront les populations tchadiennes. De grandes entreprises comme la Cotontchad, la Savonnerie, l’Huilerie, la STT, la Société nationale sucrière du Tchad (Sonasut) et bien d’autres avaient fait naître beaucoup d’espoirs à leur naissance. Le prix du savon, du pagne, du sucre et de l’huile était à la portée des bourses. Mais avec le temps, le prix de ces différents produits nationaux a doublé, triplé voire quadruplé. Ce qui a obligé les ménages à se ravitailler en produits venant des pays voisins. Même si les autorités tchadiennes souhaitent maintenir les prix à un tarif qui défie toute concurrence extérieure, l’on se pose la question  de savoir pendant combien de temps cela durera? En tout cas, cela laisse de marbre car depuis son accession au pouvoir en 1990, IDI nous a habitués à des déclarations de bonnes intentions qui ne sont pas suivies d’effets. Les mesures relatives à la lutte contre la cherté de la vie, le coût des matériaux de construction prises ad nutum par le locataire du palais rose et qui n’ont fait que l’effet d’annonce en sont une parfaite illustration. Les informations selon lesquelles des grossistes tchadiens auront le monopole de la vente des produits raffinés laissent songeur. Qui sont-ils, sur quels critères seront-ils sélectionnés et quels seront leurs cahiers de charges? Jusqu’ à présent, il n’y a aucun document officiel qui énumère les noms et les critères transparents de choix des entreprises qui se chargeront de livrer les produits finis de la raffinerie.  De sources concordantes disent que ces grossistes sont proches du parti au pouvoir. L’on susurre même des noms d’entreprises, «les marqueteurs» , appartenant  aux proches de Déby Itno. L’on peut déjà bien imaginer comment, une poignée de personnes, n’ayant pas forcement le mérite, accaparer le monopole de la commercialisation des produits dérivés du pétrole du champ de Rônier et de Koudalwa et exclure d’autres entreprises tchadiennes. Aussi est-on tenté d’émettre une autre réserve et non des moindres : celle liée à la sécurisation de la vente des hydrocarbures. Un tour dans la ville de N’Djaména permet de se rendre compte  des conditions dans lesquelles sont construites les stations de vente de carburants et de gaz. Ces stations et autres lieux de vente d’hydrocarbures construits, sans tenir compte des normes de sécurité sont de véritables dangers pour la population. Les exemples d’incendie à répétition dans les stations service au Nigéria voisin doivent nous édifier pour que l’indépendance énergétique ne devienne pas source d’autres malheurs.

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Un commentaire

  1. Je cherche le Savoir
    20 septembre 2013 at 1 h 22 min Répondre

    Je suis un lycéen en plus un pièton ça me dit kedal(.)

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