Tchad : pourquoi trouve-t-on encore des grenades à N’Djamena ?

Tchad : pourquoi trouve-t-on encore des grenades à N’Djamena ?

SECURITE – L’émotion a gagné la capitale tchadienne après l’explosion d’une grenade arrachant la main d’un jeune homme. Des engins explosifs encore présents malgré des opérations de déminage.

La peur semble avoir gagné certains N’Djamenois. Le 29 mai, Djessadjim Augustin a perdu sa main dans une explosion d’une grenade en plein cœur de la capitale. Comment une grenade s’est retrouvé dans le lieu public ?

Les faits    

Ce jour-là, le jeune garçon et sept autres enfants des rues fouillaient dans les ordures à l’espace Fest-Africa. Subitement, l’un d’eux est tombé sur l’engin explosif et l’a dégoupillé en ignorant sa dangerosité. Intuitivement, Djessadjim Augustin lui arrache la grenade des mains, mais celle-ci explose et lui arrache la main. Le jeune homme d’une vingtaine d’années s’est fait amputer à la suite d’une opération à l’hôpital général de référence nationale.

Indignation des Tchadiens

Le geste d’Augustin a ému nombre d’internautes au Tchad. Sur les réseaux sociaux, les mots de réconforts ne manquent pas, qualifiant le jeune homme de héros. Au centre « Dakouna espoir » en revanche, c’est la colère.

« Comment peut-on laisser une grenade sur les ordures », s’interroge un Tchadien venu au chevet de la victime.  Selon ce cinquantenaire qui a préféré garder l’anonymat, il est inconcevable que ces engins de guerre soient retrouvés à N’Djamena. « Les autorités doivent nous garantir la sécurité, et non l’insécurité », fustige-t-il.

Comment une grenade s’est retrouvé dans le lieu public ?

Une frustration que partage Bechir Oumda, responsable de sensibilisation au Haut-commissariat national de déminage (HCND).  Selon lui, une enquête a été menée, ajoutant qu’il s’agit d’un cas isolé à N’Djamena. « Après l’incursion des rebelles dans la capitale en 2008, nous avions procédé à un déminage. Cela nous a permis de récupérer plusieurs engins de guerre. Malheureusement nous ne pouvons pas tout repérer », explique-t-il, joint par téléphone.  

A RELIRE : Éphémérides : 2 février 2008 N’Djamena sous les feux

De 2008 à 2019, plus de 26 cas similaires ont été enregistrés dans la capitale tchadienne. En 2006, un enfant a été tué et trois autres blessés dans l’explosion d’une grenade à Ridina, dans le 5e arrondissement. Les victimes avaient ramassé la grenade à leur retour de l’école.

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