Tchad : NDENOUA, une application mobile pour enregistrer automatiquement les naissances et décès

Tchad : NDENOUA, une application mobile pour enregistrer automatiquement les naissances et décès

Au Tchad, seulement 12% des enfants disposent d’actes de naissance. Ce qui pose le problème d’ « enfants fantômes » et accentue le phénomène d’apatridie. Face à cette situation,  un projet dénommé « Un enfant, un acte d’État civil », avec l’application mobile NDENOUA, permet d’apporter des solutions innovantes pour permettre à chaque enfant tchadien, et même africain, d’avoir une identité.

Le projet est porté par M. Sigui Pouidankréo, fondateur et Président Directeur général de Toumaï Hanana Technologie, concepteur de la tablette TOUMAI et son équipe d’ingénieurs, composée exclusivement de jeunes tchadiens. Il consiste à déployer NDENOUA, une application et une plateforme numérique pour enregistrer  les naissances et les décès en temps réel

« Nous allons déployer les tablettes Toumaï avec l’application dans tous les centres de santé de N’Djamena dont nous avons déjà la liste. Nous formerons des personnels soignants, sages-femmes, infirmiers ou médecins à son usage », fait savoir M. Sigui Pouidankréo. Les déclarations seront donc faites en temps réel et transmises au serveur de la mairie de N’Djamena pour la phase pilote. L’accès aux déclarations de naissance ou de décès est limité à deux personnes par centre de santé.

« L’inspiration m’est venue de ma propre fille qui est née en 2016, et c’est en 2018 que j’ai établi son acte de naissance », confie le porteur du projet. Le projet « Un enfant, un acte d’Etat civil » répond a plusieurs défis dont entre autres : le droit de disposer d’un acte de d’État civil pour une meilleure insertion, le droit à l’éducation, la lutte contre le phénomène des enfants fantômes et apatrides.

Il faut le signaler, l’afflux des réfugiés au Tchad  accentue le phénomène d’apatridie.  Selon l’UNHCR, le pays compte plus de 650 mille réfugiés dont les enfants sont apatrides. Cette situation fait que beaucoup d’enfants sont exposé au phénomène d’apatride et seulement un nombre restreint dispose d’actes de naissance. Raison pour laquelle, le projet « Un enfant, un acte d’Etat civil » intéresse déjà certaines agences du système des Nations Unies comme l’UNHCR et l’UNICEF. Les solutions innovantes du projet serviront en outre à des fins de statistiques pour le Tchad et ses partenaires au développement afin de mieux orienter les prises de décision. Du côté du gouvernement, certains ministères tels que celui de l’Action sociale et de la Famille et de la Sécurité publique ont été contactés par Toumaï Technologie pour leur soutien et implication pour la réussite du projet.

Le projet « Un enfant, un acte d’Etat civil » a une portée panafricaine. Car selon le porteur, sans état civil, l’Afrique fabrique des apatrides, sans identité qui constituent  un problème pour la société et peuvent devenir  des bombes à retardement, à l’heure où les Etats luttent contre le terrorisme.

Une copie des tablettes avec une autonomie de batterie allant jusqu’à 10 jours

Pour le besoin du projet, des tablettes Toumaï spéciales ont été conçues avec pour valeur ajoutée l’autonomie de la batterie qui peut aller jusqu’à 10 jours. Le projet permettra de résoudre les problèmes relatifs à l’apatridie et d’actes de naissance de façon quasi immédiate.  Ce qui fera  du Tchad, qui a accueilli plusieurs réunions et ateliers internationaux de haut niveau sur la question d’être  le premier pays de la sous-région a expérimenté cette innovation.

2 Commentaires

  1. pouidankreo SIGUI
    17 janvier 2019 at 17 h 55 min Répondre

    merci de partager pour sensibilise au maximum pour une prise de conscience, dispose d’une identité est un droit.

  2. ODY
    17 janvier 2019 at 23 h 14 min Répondre

    Bonjour à l’équipe de Tchad Info.
    Après lecture de cet article, je me permets d’apporter des clarifications sur le paragraphe 5.

    Selon les statistiques du HCR, le Tchad accueille plus de 600.000 personnes relevant de son mandat c-à-d les demandeurs d’asile, les réfugiés, les déplacés internes, les personnes à risque d’apatridie etc. parmi lesquels 450.000 réfugiés et demandeurs d’asile.

    Les défis liés au système national d’état civil entrainent un faible taux d’enregistrement des naissances à l’état civil d’où le risque d’apatridie. En effet, à l’instar des enfants tchadiens, bon nombre d’enfants réfugiés nés sur le territoire n’ont pas d’acte de naissance faute d’enregistrement à l’état civil.

    Le HCR ne parle pas de personne apatride au Tchad mais, de risque d’apatridie car comme nous le savons, l’enregistrement des naissances revêt une importance vitale pour la prévention de l’apatridie. Généralement, les enfants acquièrent une nationalité par la naissance sur le territoire d’un État donné (doctrine du jus soli) ou par filiation à l’égard d’un(e) ressortissant(e) d’un État donné (doctrine du jus sanguinis).

    L’acte de naissance indique où l’enfant est né et qui sont ses parents. Ces informations sont essentielles afin d’établir la nationalité de l’enfant.
    Face aux défis sus mentionnés, le HCR, dans le cadre de son mandat relatif à la lutte contre l’apatridie, soutient les efforts remarquables du Gouvernement du Tchad pour prévenir et réduire les risques d’apatridie.

    Cela se traduit par l’appui aux Ministères de la Justice (Délivrance des jugements supplétifs) et de l’Administration du Territoire (DAPEC) en vue de l’amélioration du système national d’état civil, l’appui aux autorités compétentes pour l’enregistrement des naissances et la délivrance des actes de naissance tant aux enfants tchadien que les enfants réfugiés nés à l’EST au SUD et dans la province du LAC.

    Pour toutes informations complémentaires, veuillez-vous rapprocher du HCR –N’Djamena.

    Meilleures salutations.

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