Tchad: la mortalité maternelle et infantile au centre de la Semaine nationale de la femme

Tchad: la mortalité maternelle et infantile au centre de la Semainenationale de la femme (PAPIER GENERAL)

N’DJAMENA, 6 mars (Xinhua) — La Semaine nationale de la femme tchadienne (SENAFET), qui sera clôturée samedi prochain par la Journée internationale de la femme, est placée sous la question de la mortalité maternelle et infantile, toujours très préoccupante malgré les efforts que multiplient le gouvernement et ses partenaires pour la réduire.

“Pour l’édition 2014, nous avons placé la SENAFET sous le thème: ‘Réduire la mortalité maternelle et infantile et promouvoir l’entreprenariat féminin: credo de la Renaissance’. Car si notre société doit aller sur de nouvelles bases, elle doit vaincre les maux qui réduisent la participation effective d’une frange importante de la population que sont les femmes”, déclare Mme Baiwong Djibergui Rosine, ministre tchadien de l’Action sociale, de la Solidarité nationale et de la Famille.

“Malgré tous les efforts que l’Etat fait, que nous soyons un pays pétrolier et aspirons à être un pays émergent d’ici 2025, on se rend compte que la mortalité maternelle et infantile n’a pas baissé et nous sommes cités parmi les pays où ce taux est le plus élevé”, ajoute-t-elle.

En effet, la situation de la mère et de l’enfant reste très préoccupante au Tchad. Le ministre de la Santé publique, Dr Ngariera Rimadjita, cite un taux de mortalité maternelle de 1.084 décès pour 100.000 naissances vivantes, une mortalité néonatale de 39 pour 1.000, un taux d’accouchements assistés par un personnel qualifié à 23%, une insuffisante disponibilité et utilisation des soins obstétricaux et néonataux d’urgence, une prévalence contraceptive moderne de 1,6%, et des besoins non satisfaits de 28% en matière de planning familial. Cette situation nécessite des actions urgentes et dynamiques, selon Dr Ngariera Rimadjita.

Le Tchad, avec le soutien de ses partenaires, multiplie ces dernières années, des actions pour réduire ce taux qui fait de lui le deuxième pays au monde où les femmes meurent le plus en donnant la vie, derrière l’Afghanistan (avec 1.400 décès). Ces actions sont menées tant sur le terrain des infrastructures sanitaires et que dans le domaine du personnel soignant.

Des missions conjointes, envoyées entre fin juin et début juillet 2012 dans toutes les régions du pays par le ministère de la Santé publique et l’Assemblée nationale, ont rapporté parmi les causes de la mortalité maternelle, l’éloignement des centres de santé parfois de faible opérationnalité. Ainsi, un grand et moderne Hôpital de la mère et de l’enfant a été inauguré dans la capitale en 2011, mais il a été très vite submergé, car une seule sage-femme peut accoucher dix à quinze femmes par jour. Le gouvernement veut multiplier les Hôpitaux de la mère et de l’enfant dans certaines villes secondaires.

Sur le terrain du personnel accouchant, le Tchad est également démuni. “L’Etat de la pratique de sage-femme dans le monde 2011” a mis en exergue un écart considérable entre le nombre de sages- femmes en activité et le nombre nécessaire pour sauver des vies. Le Tchad figure au nombre des 38 pays africains ayant le plus désespérément besoin de sages-femmes, et devra en augmenter le nombre par un facteur compris entre six et quinze.

Pour combler un tant soit peu ce fossé, le gouvernement tchadien recrute régulièrement des sages-femmes. En 2012, le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) a également recruté une vingtaine de sages-femmes pour les mettre à la disposition du ministère de la Santé publique.

Grâce au FNUAP et à la Confédération Internationale des Sages- femmes, le Tchad bénéficie par ailleurs d’un “Projet d’investissement dans les sages-femmes”. Ce projet vise à atteindre trois objectifs: renforcer la formation des sages-femmes à travers un appui aux écoles spécialisées, redynamiser le corps et les associations des sages-femmes et, enfin, revoir la réglementation et la régulation en vue de disposer d’une déontologie et d’une gestion de carrière pour les agents.

En mai 2013, l’agence onusienne et le gouvernement tchadien ont signé un Plan d’actions dans la lutte contre la mortalité maternelle, d’un montant de 22 millions USD (dont 12 millions sur propres fonds de l’UNFPA et 10 millions de cofinancements), pour la période allant de 2012 à 2016. Il y a un mois, le FNUAP a encore offert des équipements médicaux et des produits de santé de reproduction, d’une valeur de 2 millions USD au gouvernement.

Mais en dépit de ces efforts, la situation de la mère reste toujours préoccupante. “Trois ans après le début de la mise en oeuvre de la feuille de route nationale pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle et infantile au Tchad, une évaluation s’avère nécessaire pour en mesurer les résultats et, éventuellement, la recadrer”, conclut Mamadou Dicko, représentant résident du FNUAP au Tchad.

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