lundi 19 avril 2021
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Tchad :« l’insuffisance rénale est un tueur silencieux », Pr. Ibrahim Hamat

Au Tchad, la maladie de l’insuffisance rénale perdure. Selon la Société internationale de néphrologie, plus de 150 à 200 personnes par million d’habitants sont mises sous dialyse. Cette maladie touche toutes les couches sociales, entrainant des dégâts mortels.

Il existe deux types d’insuffisance rénale (insuffisance rénale chronique et insuffisance rénale aigue). Pour Ibrahim Hamat, professeur en néphrologie et chef de service de néphrologie et dialyse à l’Hôpital général de référence nationale, « l’insuffisance rénale aigue arrive de manière brutale, de quelques heures  à quelques jours. Heureusement, le malade bien pris en charge récupère complètement sa fonction rénale. Par contre, il y a une forme aigue silencieuse qui évolue de manière permanente avec destruction irréversible de la fonction des reins qui est appelée insuffisance rénale chronique, elle fait beaucoup de dégâts chez l’homme. L’insuffisance rénale est un tueur silencieux». La Société internationale de néphrologie estime que le Tchad compte environ 150 à 200 personnes par million d’habitant donc environ 3000 personnes ont besoin d’être dialysées.

Selon les données hospitalières, le sexe féminin est le plus touché. « Dans nos études présentées, les femmes sont majoritairement touchées » . Professeur Ibrahim Hamat explique que ces études ont montré que la population active (45-50 ans) est la plus touchée par cette maladie. Mais une exception est possible.  L’exemple d’une élève âgée de 18 ans en classe de terminale qui est actuellement sous dialyse à l’hôpital. La dialyse se fait 3 fois par semaine et chaque séance dure 4 heures. C’est un manque à gagner pour sa famille, ses amis, la société et l’État tchadien, déplore-t-il.

Les causes

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Les causes de cette maladie au Tchad sont énormes et la population ignore les méfaits qu’elle peut provoquer. D’après Pr. Ibrahim Hamat,  elle est due à l’hypertension qui est aussi une maladie chronique, une maladie non transmissible, le diabète et par surprise “nous avons découvert que le tabac et l’alcool font partie des causes de l’insuffisance rénale”. Certains citoyens  lambdas tchadiens traitent cette maladie comme la maladie de la viande, il s’est avéré que la goutte est l’une des principales causes de l’insuffisance rénale chronique parce qu’elle atteint un tissu particulier du rein, souligne-t-il.

La personne malade a besoin d’un suivi et cela coûte énormément cher. ”En fonction de son stade, on le met sous un programme de suivi de manière trimestrielle ou mensuelle et s’il arrive au stade terminal, c’est la dialyse”, relève-t-il.

Le traitement

« Le traitement existe et c’est la transplantation. Et là je suis entrain de le faire après l’agrégation; c’est un des volets qu’on va développer ici au Tchad. La transplantation rénale, elle peut se faire soit à partir d’un donneur cadavérique ou d’un donneur vivant. Dans nos us et coutumes, la société voudrait qu’on respecte les morts. Donc je vois très très mal un tchadien qui accepte qu’on prélève son parent décédé. La seule option qui nous reste ici au Tchad c’est les donneurs vivants c’est-à-dire une personne qui développe une maladie rénale chronique jusqu’en phase terminale et qui entre en dialyse et si son âge le permet, de choisir dans sa famille de manière volontaire une personne. Que la personne se porte de manière volontaire pour guérir son parent de l’insuffisance rénale en lui donnant un rein. Si cette personne accepte on lui fera l’ensemble des examens en ne pas oubliant l’examen psychiatrique et psychologique », explique-t-il.

Des difficultés pour accéder aux soins

Les machines de traitement font défaut. Plus de 2000 tchadiens qui ont besoin d’être dialysés chaque année n’ont pas accès à un traitement. « Pour le moment, au Tchad, nous ne disposons que d’une vingtaine de machines qui ne peuvent prendre au plus 150 patients en dialyse chronique  », informe Pr. Ibrahim Hamat Toutefois, le professeur appelle les médecins à un travail serein et à la population, à plus de vigilance car, dit-il, la santé n’a pas de prix. Il faut se rendre à l’hôpital et prendre les médicaments prescrits par les médecins, conseille Pr. Ibrahim Hamat.

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