Tchad : les filles sont moins scolarisées et quittent prématurément l’école

N’DJAMENA, 31 octobre (Xinhua) — Au Tchad, les filles sont moins scolarisées que les garçons et quittent aussi prématurément le système scolaire, indique une étude du ministère de l’Education nationale dans huit régions du pays. Le même rapport propose des plans régionaux pour améliorer la situation.

Le Tchad fait partie des pays où le taux de scolarisation des enfants demeure faible malgré les efforts fournis, ces dernières années, par le gouvernement et ses partenaires au développement.

Les indicateurs dans le secteur de l’éducation demeurent toujours plus faibles pour les filles. C’est pour apporter quelques solutions à ces préoccupations que le gouvernement, avec l’appui de l’Unicef, a mené une étude dans huit régions du pays du centre et du nord du pays (Barh El Ghazal, Batha, Guéra, Kanem, Ouaddaï, Salamat, Sila et Wadi Fira) afin de disposer de huit plans régionaux.

Le taux net de scolarisation des filles dans ces zones était de 41,4% en 2008 contre 35% en 2012. Selon les résultats de l’étude publiés jeudi et dont Xinhua a obtenu copie, ces taux avancent très lentement et cachent beaucoup de disparités entre les régions et zones géographiques (notamment urbaines, rurales ou montagnardes), les modes de vie (sédentaire, nomade et semi-nomade) et les statuts socioéconomiques. Cette disparité est influencée surtout par les facteurs institutionnels, économiques et par les pesanteurs socioculturelles.

Selon les statistiques de 2013, sur une population de 2.324.211 en âge d’aller à l’école, 43% d’entre elles ont pu être scolarisées. Au cycle moyen, par exemple, le taux brut de scolarisation des filles avoisine les 18,3% pendant que celui des garçons est à 39,9% et la moyenne nationale à 28,7%. Le plus faible taux est observé dans le Barh El Ghazal et dans le Sila avec un taux de 2,1% contre 9,7% dans le Ouaddaï.

Le rapport indique que le mariage constitue plus de 84% la raison majeure de l’abandon scolaire des filles. Le mariage précoce des petites filles est plus ancré dans les régions du Batha (70,2%), du Wadi Fira (68,9%), du Guéra (61,5%), du Salamat (60,3%), du Barh El Ghazal (58,9%) et du Ouaddaï (51,6%).

“Le problème réel n’est pas seulement d’augmenter l’inscription des filles à l’école, mais celui de les maintenir dans les classes, afin qu’elles achèvent leurs études. Les résultats de ce rapport serviront de base pour élaborer les stratégies de l’amélioration de l’éducation des filles du Tchad”, explique Mahamat Alboukhari Oumar, directeur général des Enseignements fondamental et secondaire au ministère tchadien de l’Education nationale et de la Formation professionnelle.

Le but de cette étude, explique-t-il, est de renforcer et d’opérationnaliser au niveau local des politiques, stratégies, programmes et plans nationaux d’amélioration de la scolarisation des filles particulièrement en zones rurales et dans les circonscriptions scolaires qui enregistrent de faibles taux d’accès et de rétention des filles à l’école primaire.

“L’objectif général est de permettre au gouvernement et à tous les acteurs clés de l’éducation de disposer des informations descriptives et analytiques sur les conditions nécessaires et suffisantes pour une scolarisation effective et pérenne des filles en milieu rural”, précise M. Mahamat Alboukhari.

L’étude a permis d’analyser la situation scolaire de ces huit régions, mais surtout d’identifier les facteurs qui entravent à la scolarisation des filles. Si globalement l’ensemble des huit régions présente une faible scolarisation des enfants et principalement des filles, il importe de noter que chacune des régions requiert des actions spécifiques. Ce qui a conduit à l’élaboration de plans locaux spécifiques par régions, dont les actions s’adressent aux autorités éducatives, aux parents, aux élèves et aux enseignants.

“La mise en œuvre de ces huit plans locaux est urgente et si leur application est faite dans les années à venir, il est certain que dans les cinq ans à venir, des transformations fondamentales seront opérées pour la scolarisation des filles”, affirme le directeur général des Enseignements fondamental et secondaire.

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