Tchad : le sous-financement du plan de réponse humanitaire a de graves conséquences

Tchad : le sous-financement du plan de réponse humanitaire a de graves conséquences

Le manque de financement de la réponse humanitaire a un impact néfaste sur les populations touchées par les crises au Tchad, deuxième plus grand pays d’accueil de réfugiés sur le continent africain, selon le dernier bulletin humanitaire publié en milieu de semaine par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

“A mi-parcours, moins de 20% du plan de réponse humanitaire 2016 sont financés. Ce sous-financement n’a pas permis la mise en place de toutes les activités d’assistance d’urgence prévues, avec un impact néfaste sur la mortalité, la morbidité et les conditions de vie des populations affectées par les crises au Tchad”, indique le document d’OCHA dont Xinhua a obtenu copie.

Dans le secteur de la sécurité alimentaire, quelques 78.000 déplacés tchadiens au sud n’ont reçu que deux rations mensuelles au cours du premier semestre 2016 et 238.000 réfugiés soudanais dans l’est du Tchad ont reçu des rations qui couvrent seulement 40% de leurs besoins caloriques journaliers.

“Si le sous-financement continue, 2,7 millions de personnes risquent de basculer d’une situation d’insécurité alimentaire modérée à sévère pendant la période de soudure en cours”, préviennent les agences humanitaires.

Faute de moyens, plus de 120.000 enfants souffrant de malnutrition aiguë ne peuvent être pris en charge et risquent de mourir ou de perdre leur potentiel de développement. Dans certaines régions de la bande sahélienne, les apports nutritionnels feront défaut si rien n’est fait dans les mois à venir pour pouvoir traiter les cas de malnutrition aiguë.

Dans le secteur de la santé, près de 100.000 personnes affectées par les mouvements de population n’ont pas un accès adéquat aux centres de santé ou aux cliniques mobiles, qui ne couvrent pas l’ensemble des lieux de déplacement.

En éducation, 180.000 enfants de 3 à 17 ans affectés par les crises n’ont pas été scolarisés en 2015-2016. Les 130.000 qui ont la chance d’accéder à l’éducation doivent cependant apprendre dans des conditions défavorables : certains doivent parcourir jusqu’à 10km pour trouver l’école la plus proche. Ils doivent partager un enseignant avec 174 autres élèves et sont en moyenne à 90 élèves par salle de classe. Dans les régions en crise, près de 70% des élèves ciblés terminent l’année 2015-2016 sans avoir de kit scolaire.

Par ailleurs, au moins 300 survivantes d’abus et violences dans la région du lac Tchad n’ont pas bénéficié d’une prise en charge psycho-sociale, médicale et juridique, limitant leur capacité à surmonter le traumatisme et faire face aux crises et chocs actuels et futurs. Par ailleurs, 70% des 60.000 personnes affectées par les déplacements et ciblées pour l’obtention de documents d’état civil en 2016 n’ont toujours pas accès aux documents d’identité.

Sans financement pour les projets en eau (hygiène et assainissement), 870.000 personnes affectées par les mouvements de population n’ont pas eu accès à l’eau potable en quantité suffisante, et près de 670.000 continuent de déféquer à l’air libre.

Enfin, dans la région du lac Tchad, plus de 18.000 ménages déplacés n’ont pas reçu de bâche et sont sans abri pour se protéger des conditions climatiques difficiles. Par ailleurs, plus de 50.000 personnes déplacées n’ont pas reçu d’articles ménagers essentiels à leur survie. Sans cela, elles ne peuvent pas cuisiner, puiser et stocker de l’eau, se protéger du froid et des moustiques, se laver et vivre dans la dignité.

“Face à ce bilan, il est urgent que tous les acteurs prennent leurs responsabilités vis-à-vis des populations vulnérables”, martèle l’OCHA. A travers la révision du plan de réponse humanitaire en cours, les partenaires humanitaires se sont engagés à continuer à hiérarchiser leurs activités afin de maximiser l’impact de l’action et des fonds engagés.

Par ailleurs, un plan de réponse d’urgence sur 90 jours pour la région du lac Tchad a été finalisé pour faire face aux vulnérabilités exacerbées d’ici fin septembre.

Ainsi, quelque 250.000 personnes déjà touchées par l’insécurité provoquée par la secte terroriste Boko Haram dans cette région tchadienne frontalière du Nigeria, du Niger et du Cameroun voient leurs conditions de vie se détériorer un peu plus avec la période de soudure, la saison des pluies et la reprise des opérations militaires. Plus de 16 millions de dollars sont ainsi requis d’ici fin septembre pour faire face aux besoins humanitaires prioritaires.

“Cette réponse ciblée et coordonnée nécessite à présent un engagement renforcé des bailleurs de fonds en faveur des populations affectées par les crises au Tchad”, conclut l’OCHA.

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