Tchad : la Turquie donne 3 jours à la plus grande association hippique d’évacuer l’hippodrome de N’Djamena

Tchad : la Turquie donne 3 jours à la plus grande association hippique d’évacuer l’hippodrome de N’Djamena

Surprise générale chez les amateurs de sport hippique du Tchad. Dans un courrier à lui adresser, la Turquie à travers le bureau de l’agence TIKA, au Tchad, demande à l’Association d’Encouragement pour l’Amélioration des Races des Chevaux au Tchad (AEARCT), de vider les lieux dans un délai n’excédant pas trois jours. Cette injonction directe qui arrive en pleine pandémie de COVID-19, a étonné plus d’un.

Cet espace des courses hippiques de 27 hectares drainait chaque week-end une foule immense. Appartenant autrefois au Gouvernement libyen, le site a été réattribué à la Turquie à l’issue de la visite de son président Recep Tayyip Erdogan au Tchad, en 2018, pour la construction de plusieurs édifices d’utilité publique. Depuis trois ans, les choses ont trainé impactant négativement la saison hippique. Dans cet intervalle, si ce n’est pas des fils barbelés posés sur le mur de clôture déjà construit et financé par la Libye, rien d’autre.

Le représentant de l’agence TIKA dans sa correspondance datée du 6 mai 2020 prend tout le monde de court. Dans cette lettre « suicidaire », adressée à l’AEARCT, l’agence turque de coopération et de coordination dit accorder seulement 3 jours pour évacuer les articles se trouvant dans cet espace. Car justifie-t-elle, les travaux de l’école agricole démarreront bientôt. Sinon la TIKA menace de procéder à l’évacuation.

Alors que les travaux de projet sont censés être finalisés courant 2020. La TIKA, par cette correspondance, quelle que soit l’intention, vient de montrer qu’elle s’en fiche de la situation sanitaire qui prévaut actuellement dans le pays. Sinon comment comprendre, qu’une agence dite de coopération puisse se permettre d’accorder un délai de trois jours à une association qui occupe un endroit depuis des années en pleine crise sanitaire de quitter le lieu. D’ailleurs en tant qu’agence de développement étrangère basée au Tchad, l’AEARCT n’est pas un interlocuteur direct de la TIKA.

L’AEARCT surprise par cette attitude de la TIKA, réplique que lui écrire « une telle lettre, en des tels circonstances de pandémie qui endeuille chacune des familles tchadiennes est une aberration empreinte d’un manque de respect ».

L’AEARCT rappelle que, le site de l’hippodrome a été attribué par l’État à la TIKA et elle s’est exécutée en délocalisant ses activités libérant totalement le lieu. Quant au bâtiment attenant au stade auquel la TIKA fait allusion est la propriété exclusive de l’association et exploitée comme siège depuis 60 ans. Par conséquent l’AEARCT estime que c’est à l’État de lui demander d’évacuer les bureaux de 100 m2 au profit de TIKA.

Le Tchad a décidé de créer une zone agricole d’excellence de plus de 1000 hectares abritant écoles, centre de recherche, espace d’exploitation, centre d’exposition, champ de course, etc. Ce site est situé à la sortie Est (Gassi) de la ville de N’Djamena non loin du complexe de l’ITRAD (Institut Tchadien de Recherche Agronomique pour le Développement). Il est étonnant de voir construire une école dite agricole en plein centre-ville, alors qu’un tel espace entièrement dédié à l’agriculture existe et d’ailleurs il serait judicieux d’avoir étudiants et chercheurs dans le même espace.

2 Commentaires

  1. Brahim senoussi
    15 mai 2020 at 1 h 44 min Répondre

    Je pense que ce n’est absolument pas le bon moment pour parler business car l’heure est grave dans le monde entier à cause de situation sanitaire. Une simple agence de coopération n’est pas une autorité judiciaire pour prétendre évacuer un lieu encore moins dans un pays étranger. Elle ne le ferait sans doute pas en Turquie.
    Les deux parties doivent revoir leur

    • Brahim senoussi
      15 mai 2020 at 1 h 47 min Répondre

      … Leurs contrats et l’Etat doit intervenir et restaurer l’autorité et protéger les populations dans ce contexte très difficile et incertain.

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