Tchad: « J’ai subi des tortures pires que ce que vous avez vu », Achta Abakar

Tchad: « J’ai subi des tortures pires que ce que vous avez vu », Achta Abakar

TÉMOIGNAGE – Depuis quelques jours, la vidéo d’une femme en train de se faire fouetter provoque l’indignation sur les réseaux sociaux. Tchadinfos.com, a contacté la présumée victime qui donne sa version des faits.

Achta Abakar, âgée de 28 ans, habite la localité de Tchoukou Talia dans la province du Lac. D’après elle, les faits remontent il y a « huit mois et ce sont bien des éléments de la Garde Nationale et Nomade Nationale du Tchad (GNNT) » qui l’ont fouettée.

« L’un d’eux a voulu coucher avec moi, mais j’ai dit que je suis l’épouse de quelqu’un. Donc j’ai refusé, et il m’a accusé de trafic des drogues. C’est comme ça qu’ils m’ont frappée. J’ai subi des tortures pires que ce que vous avez vu. Ils m’ont introduit dans le fleuve, avec un système de torture spécifique. J’étais couchée, malade pendant plus de six mois. Je viens de me relever il y a à peine 40 jours », rapporte-t-elle.

 Achta Abakar informe qu’elle n’est pas la seule victime de la localité. Selon elle, « plusieurs autres femmes ayant refusé de céder aux avances de ces hommes en treillis subissent le même sort ».

« Il y a souvent même pire que cette situation. Dès que l’un des éléments de la GNNT tombe sous les charmes d’une femme et qu’elle refuse. Soit on trouve des motifs pour la fouetter, soit on accuse son mari d’être trafiquant de drogues et on l’emprisonne », complète la présumée victime.

La dame renseigne que son affaire a été transmise aux responsables des éléments de la GNNT depuis la publication de la vidéo sur internet. D’après Achta Abakar, ce responsable aurait qualifié ce qui s’est passé de « très horrible et inadmissible ». « Il a demandé de sursoir sur cette affaire, même si cela est inacceptable. Il s’est engagé à réparer les préjudices subis », précise la présumé victime.

Toutefois, elle confie : « Depuis plus de trois ans que ces hommes sont arrivés dans la localité de Tchoukou Talia, si une femme refuse de faire l’amour avec l’un d’eux, si elle n’est pas tabassée, c’est son conjoint qui paie le prix. »  Généralement, les méthodes sont les mêmes : on accuse, le mari de trafiquant de drogues, on l’emprisonne, le torture et on amène la femme à céder, pour obtenir la liberté de son époux, renchérit elle.   

De son côté, le procureur du Lac contacté en début d’après-midi a affirmé ne pas avoir été encore saisi du dossier.

Lire aussi: Tchad : des vidéos de femmes battues suscitent l’indignation

Un commentaire

  1. Tankoousmanemahamat@gmail.com
    19 février 2019 at 17 h 08 min Répondre

    Bonsoir!C’est exactement ce qui se passe quotidiennement au Tchad,et précisément dans la Provence du Lac-Tchad.Les désordres sont nombreux dans cette localité,parce qu’il n’y a pas de sécurité. Même les soldats qu’on envoi dans ce lieu soit disant des agents de sécurité sont à l’origine de toutes les tortures. Il faut que le gouvernement du Tchad prenne des mesures bien précises dans la province du Lac,car depuis que le phénomène du boko haram s’est vu le jour,il y’a le problème d’insécurité,de malnutrition,de la pauvreté,de l’injustice et tant d’autres. Il faut qu’il y est des bons dirigeants en tête de cette province pour mieux garantir la paix de tout le monde car à vouloir trop faire du mal aux femmes c’est pas du tout normal….Elles sont mamans,elles sont limage de leur ville ou village. Et pour torturer chez-elle,c’est la manque du respect,déshonoré la tradition. Quelle-peut être la réaction des autres vis à vis de cette situation?

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