Tchad : le gouvernement peine à tenir ses engagements dans les domaines d'eau et d'assainissement

N’DJAMENA, 16 octobre (Xinhua) — Le gouvernement tchadien et ses partenaires au développement doivent mettre les bouchées doubles pour résoudre les problèmes d’eau potable et d’assainissement, a déclaré mercredi à Xinhua Daouda Elhadj Adam, président du Réseau des associations d’eau et assainissement au Tchad.

Selon M. Daouda Elhadj Adam, qui dirige par ailleurs l’Association pour la Défense des droits des Consommateurs du Tchad, le gouvernement tchadien avait pris neuf engagements qui se résument comme suit: assurer l’accès à l’eau potable sur la période 2010-2015 pour plus de 8 millions de Tchadiens (soit 60% de la population); assurer l’accès à l’assainissement sur la même période pour près de 5 millions de personnes (35% de la population) ; réaliser avant la fin 2013 la construction de 6.000 latrines institutionnelles et communautaires et vulgariser les latrines familiales; réaliser 1.000 forages équipés de pompes à motricité humaine dans les zones rurales; réaliser 120 adductions d’eau potable en milieu semi-urbain; réaliser le branchement et le renouvellement des conduits de distribution d’eau, ainsi que des forages profonds dans toutes les villes concédées à la Société Tchadienne d’Eau.

“Dans le domaine de l’eau, il y a seulement neuf adductions d’eau qui ont été réalisées en milieu urbain, environ 100 pompes à motricité humaine réparées par le ministère de l’Hydraulique rurale et urbaine et les partenaires techniques financiers”, indique le président du Réseau des associations d’eau et assainissement au Tchad.

“Dans le secteur de l’assainissement qui est un secteur critique, l’on a constaté la construction de 310 latrines sur 675 prévues (soit un taux de 46%) dans les écoles et dans les centres de santé. Le gap est donc très important, la défécation à l’air libre demeure très ancrée dans les habitudes, la pratique de lavage des mains n’a progressé que de 3% contre 25% prévus”, ajoute-t-il.

M. Daouda Elhadj Adam déplore que le Comité de l’eau qui est créé depuis plusieurs années mais ne s’est jamais réuni, alors que ce omité pouvait s’approprier le suivi de ses engagements pour voir les progrès réalisés et assurer une meilleure coordination des investissements et une meilleure planification des activités dans le secteur de l”au.

Au Tchad, le taux d’accès à l’eau potable était seulement de 20, 9% de l’ensemble de la population, soit l’un des taux les plus faibles du monde. En 2012, cette couverture était de 46%, selon des estimations du ministère de l’Hydraulique urbaine et rurale.

Pour améliorer cette couverture en eau, l’Agence Française de Développement (AFD) a accordé, en juin 2013, une subvention de plus de 7 milliards F CFA (140 millions USD) pour accroître la desserte en eau dans les quartiers périphériques de l’Est de N’Djaména.

Il y a cinq mois, les députés tchadiens ont adopté une loi autorisant le président Déby Itno à ratifier l’accord de prêt relatif au financement d’un projet d’alimentation en eau potable et d’assainissement dans huit autres centres urbains secondaires et leurs environs. Ce énième projet, d’un montant global supérieur à 15 milliards F CFA (30 millions USD) est financement par la Banque Africaine de Développement (BAD) et le Fond Africain de Développement (FAD) sous forme de don et de prêt.

Ce projet de la BAD-FAD permettra de desservir plus de 802.000 personnes en eau potable (soit un taux de 7%) et plus de 154.000 autres en services d’assainissement (3%).

Le 22 mars dernier, à l’occasion de la journée mondiale de l’eau, le gouvernement tchadien et l’Union européenne ont signé trois conventions de financement d’un montant total de 65,5 milliards F CFA (soit environ 130 millions USD) dont deux visent à assurer une meilleure couverture en eau potable.

Le premier projet prévoit la réalisation d’un millier de forages équipés de pompe à motrice humaine, 250 mini-châteaux d’eau solaires et thermiques et 400 latrines dans sept des vingt- trois régions du pays. Le deuxième projet vise à apporter une contribution substantielle à l’amélioration à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans six villes secondaires et dans six quartiers de la capitale.

“Avec tous ces projets, le gouvernement veut atteindre au moins un taux d’accès durable à l’eau de 60,5% en milieu rural et 70% dans la zone urbaine”, avait déclaré à Xinhua M. Issa Ali Taher, ministre tchadien de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale.

Pour atteindre ces objectifs, le Tchad a besoin de 700 milliards F CFA (environ 1,4 milliard USD).

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