Tchad : Frappes terroristes, que faire maintenant?

Donc, la capitale tchadienne N’Djamena a été frappée en son coeur par des attentats terroristes au matin de ce lundi 15 juin. Les lieux choisis sont des symboles: l’école de police et le commissariat central. Bilan: 24 morts. 101 blessés. Les autorités tchadiennes attribuent ces actes aux islamistes nigérians de Boko Haram. Pour l’instant, pas de revendication provenant de cette secte.

Pour les tchadiens c’est une première. Ils n’ont aucune connaissance du terrorisme. Surtout aucune expertise pour contrer ce mode opératoire barbare qui consiste à tuer les autres en se tuant. Gratuitement. Lâchement.

Ces attentats interpellent tous les tchadiens. Le terrorisme n’est plus seulement ailleurs. Il est désormais au Tchad. Alors que faire?

D’abord, le président Deby Itno, s’est adressé 24h plus tard, durant 5 minutes aux Tchadiens.  C’est bien mais pas assez. Il s’est borné aux usages coutumiers et à glorifier les forces de sécurité. Dans un décret, il proclame un deuil national de 3 jours. Et a promis une riposte. Laquelle? Comment? Rien. C’est là une erreur. Dans cette adresse à la nation, le président devait proposer la formation d’un gouvernement d’union nationale où opposition, personnalités indépendantes et des leaders d’opinion y figurent en bonne place. L’unité de tous les tchadiens est essentielle pour venir à bout de ce mal.

Ensuite, il va falloir se concentrer désormais sur le renseignement, la sécurité intérieur et aux frontières. Comment ? En rapatriant les contingents tchadiens au Mali. Et en les redéployant au Cameroun et au Nigeria voisins. En expliquant à ces deux pays et à la communauté internationale que la lutte contre Boko Haram est pour le Tchad la seule priorité. La seule urgence qui compte pour l’instant. Priorité parce que la zone d’action des terroristes est plus proche de la capitale N’Djamena que d’Abuja (capitale du Nigeria) et  de Yaoundé (capitale du Cameroun). Il faudra également professionnaliser les services de renseignements. Leur octroyer des moyens. Et baliser légalement leur travail afin d’éviter de tomber dans les pratiques funestes de l’ex-DDS, la police politique de l’ancien régime d’Hissène Habré. Bref, le Tchad a subi plus que ces deux pays les dégâts de Boko Haram. D’abord économiquement depuis quelques mois. Et désormais humainement à l’intérieur de son territoire. Et à l’extérieur aussi.

Enfin, le gouvernement doit définir un nouveau plan stratégique de lutte. Un plan pour renforcer la laïcité de l’Etat. Recadrer les actes religieux qui se manifestent partout dans des institutions publiques ces dernières années. Enquêter. Communiquer. Identifier les auteurs, les complices et commanditaires de ces actes de terreur. Sans verser dans la vengeance et les règlements des comptes. Les médias publiques, privés ou en ligne ne doivent pas être en reste. Ils ne faut pas qu’ils montrent ces images des cadavres déchiquetés. C’est une question de respect pour ne pas heurter la population et les familles des victimes. C’est aussi une question de décence humaine.

Bello Bakary

Miroir

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