Tchad : des utilisateurs des préservatifs masculins se plaignent de leur non-résistance

Si la santé n’a pas de prix, il n’en est pas moins pour la qualité des préservatifs qui circulent sur le marché tchadien. Sinon les plaintes au sujet de la non-résistance de certaines marques de préservatifs sont monnaie courante. Nous sommes allés à la rencontre des vendeurs et utilisateurs de la capitale.

Parmi les utilisateurs que nous avons rencontrés, certains affirment qu’ils ont plusieurs fois été victimes de cassure de préservatif dès la pénétration ou pendant l’acte sexuel. D’autres témoins qu’ils en ont au moins entendu parler de ce problème autour d’eux. C’est le cas d’un revendeur de préservatifs assis en face de l’hôpital de référence nationale. « La plupart de mes clients me demandent le préservatif de couleur blanche qui provient d’où je ne sais, mais pas la marque Prudence. Parce que la marque Prudence ne résiste pas », témoigne-t-il. Pour lui, c’est la marque Prudence qui est la plus décriée par ses clients. Il ajoute que « même si mes clients achètent Prudence, pour être sûr, ils me disent qu’ils préfèrent doubler d’abord. Mais c’est ne pas bien. »

Nous nous sommes rendus à l’Université d’Ardep-djoumbal dans le 5ème arrondissement. Là-bas, nous avons rencontré quelques étudiants. Un peu amusé par le sujet, certains ont fini par avouer qu’ils ont plusieurs fois vécu cette expérience qu’ils regrettent toujours. Là encore, ce sont les préservatifs de marque Prudence qui sont indexés. D’autres étudiants n’ont pas voulu se prononcer parce que disent-ils ce sujet est un peu tabou pour eux.

Certes sur le marché, il y a plusieurs qualités de préservatifs; les autorisés et les non-autorisés par le ministère de la Santé. Mais pendant notre enquête, les utilisateurs ont plus dénoncé la marque Prudence, une marque commercialisée par l’Association pour le marketing social au Tchad (Amasot).

Dokblama Kadah est le directeur général d’Amasot. Il a tout d’abord reconnu les plaintes des utilisateurs par rapport à leur produit “Prudence”. Mais il trouve que ces plaintes ne sont pas fondées. Pour lui, c’est le mauvais port du préservatif qui est la cause de leurs cassures pendant l’acte sexuel. Il ajoute que l’autre problème est que « malheureusement, certaines personnes manquent de douceur dans la sexualité. Elles pensent que l’amour est un ring où il faut utiliser la brutalité. Et c’est ce qui cause également les cassures de préservatifs. »

Dokblama explique que les  produits Amasot parcourent plusieurs étapes depuis leur fabrication jusqu’au consommateur final. Donc qu’il n’y a aucun doute à émettre sur leur qualité. Il rajoute que s’il y a des personnes qui doutent, il leur demande d’aller faire des tests dans un laboratoire et venir prouver le contraire. Car pour lui, l’objectif de son institution est de parvenir à une infection zéro au Tchad.

Le problème de la non-résistance des préservatifs masculin en général est un problème délicat du fait que la santé des utilisateurs en dépend. Ça peut augmenter les risques d’infection au VIH tout comme les grossesses non désirées. À ce titre, le ministère de la Santé publique est interpellé pour veiller à ce que les Tchadiens accèdent uniquement aux préservatifs de bonne qualité.

MOÏSE Dabesne Léon

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