Doba ou la décadence de la capitale pétrolière du Tchad

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ANALYSE-Capitale de l’or noir depuis le début des années 2000, Doba, le chef-lieu de la province du Logone Oriental peine à s’aligner aux côtés des grandes villes pétrolières dignes de ce nom. De l’exploitation du pétrole en 2003 à nos jours, la ville semble n’avoir pas profité de la manne pétrolière.

Toujours comparable à un gros village, Doba est loin de présenter le visage de certaines villes pétrolières africaines comme Pointe-Noire, Tripoli, ou encore Port Harcourt au Nigeria. Classée onzième ville du Tchad par le nombre d’habitants, les populations de la région pétrolière de Doba confient  ne pas voir la couleur des profits liés à l’or noir, elles restent toujours pauvres, plus de 17 ans après le jaillissement du pétrole.   

La jeunesse face à son terrible destin

Les jeunes ne cessent de se plaindre de leur sort. Depuis  quelques années, ils confient que la simple débrouillardise est devenue difficile à Doba. Cette situation plonge de milliers d’entre eux  dans l’alcoolisme et d’autres vices. Certains préfèrent s’emballer dans le phénomène de l’exode rural. Les parents décrient cette fuite des bras valides au détriment des activités agricoles.

La question de la scolarisation des filles est aussi d’actualité. Dans cette ville, capitale de l’or noir du Tchad, les filles sont plus intéressées par le commerce que par les études qui, pour elles, sont accessoires.

Manque d’infrastructures

C’est très étonnant mais cette ville pétrolière ne dispose pas d’aéroport, elle n’a qu’un aérodrome couvert de latérite. A la descente de l’hélicoptère militaire transportant le chef de l’Etat et sa suite, en visite dans cette ville, toutes les autorités présentes pour l’accueil ont été couvertes de poussière provoquée par les hélices de l’engin. Doba n’a pas de voies urbaines bitumées. Elle est juste traversée par une route  nationale.

A l’arrivée du Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno le 2 février, la ville de Doba a montré son incapacité en matière d’hébergement pour des circonstances pareilles. En dehors de quelques résidences privées de certains cadres de la région, le nombre des  établissements d’hébergement est en nombre très insuffisant pour une ville pétrolière.  

Le constat prouve à suffisance que les Logonais orientaux ne souhaitent pas investir et construire leur cité. Pourtant, plusieurs fils et filles de cette province ont occupé et continuent d’occuper des hauts postes de responsabilité.

Eau et électricité toujours rares comme des matières précieuses

En tournée avec le président de la République, la ministre de l’Energie a eu des échanges avec des membres des associations  et groupements féminins. Une longue liste des doléances a été adressée au chef de l’Etat. Ces femmes ont plaidé pour l’accès à l’eau potable et à l’électricité qui est servie suivant des heures convenues pour une toute petite ville. Le difficiles accès à l’eau et à l’électricité freinent plusieurs activités.

L’échec de la politique de redistribution des revenus pétroliers

Certains cadres interrogés pointent du doigt la politique de redistribution des revenus pétrolières notamment la gestion des 5% qu’ils qualifient « d’échec ». Ils estiment que toutes ces situations ont conduit Doba vers la pauvreté «aiguë»

Doba a perdu ses potentialités fruitières

La province du Logone oriental  en général et la ville de Doba en particulier sont reconnues depuis toujours pour la grande capacité en production de fruits, les mangues surtout. Mais depuis cinq ans, la province est loin de satisfaire sa population en fruits. Ce qui suscite d’interminables questionnements de la part de la population locale.

Une ville regorgeant d’énormes potentialités naturelles et des braves hommes, Doba apparait aujourd’hui comme un petit village abandonné.

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