Tchad : « Avant de choisir une filière d’étude, les jeunes doivent faire une auto-évaluation »,  Djimrassem Thalès

Tchad : « Avant de choisir une filière d’étude, les jeunes doivent faire une auto-évaluation », Djimrassem Thalès

Les bacheliers tchadiens se perdent souvent dans le choix de filières d’étude. Suivisme, snobisme, imposition,  influencent souvent les choix des bacheliers. Or, choisir une filière d’étude nécessite la prise en considération de plusieurs facteurs. Dans une interview accordée à Tchadinfos, Djimrassem Thales, auteur du livre « Problématique de l’orientation des jeunes au Tchad » donnes quelques orientations.

« Pour bien choisir sa filière d’étude, la personne doit tenir compte de sa compétence et de sa capacité intellectuelle », indique d’emblée Djimrassem Thales enseignant-chercheur à la faculté des Sciences de l’éducation à l’Université de N’Djamena. Malheureusement pour les jeunes tchadiens, l’important  c’est de faire des études qui rapportent beaucoup d’argent et qui intéressent les gens. C’est le cas d’Aïcha, étudiante en 2ème année de géographie. « Quand j’ai obtenu mon bac je voulais m’inscrire en linguistique mais les parents et les amis m’ont déconseillée parce que selon eux,  je chômerai avec un diplôme en linguistique », témoigne-t-elle.

Pourtant le choix d’un domaine d’étude en fonction de l’envie des autres peut avoir des conséquences très sérieuses sur le devenir. « Si la majorité des jeunes tchadiens sont en chômage, c’est parce que leur choix professionnel est biaisé », déclare M. Djimrassem, avant d’ajouter « qu’ils optent pour des filières d’études qui ne correspondent pas avec leurs aptitudes et pour lesquelles ils n’ont aucun prérequis

Dans cette ambiguïté, certains parents sont obligés de choisir les filières pour leurs progénitures. Cela peut-être à la fois dangereux et nécessaire. « Dangereux parce que les parents ne connaissent pas les ambitions, les désirs et les aptitudes de leurs enfants. Nécessaire parce qu’il faut parfois tenir compte des capacités financières de parents », justifie l’enseignant chercheur.

« Avant de choisir une filière d’étude ou de faire un choix professionnel, les jeunes doivent faire une auto-évaluation, c’est-à-dire, ils doivent se poser des questions suivantes : est-ce-que je peux m’en sortir ? Est-ce-que mes parents peuvent financièrement supporter ce que je veux faire comme étude ? Après l’obtention de mon diplôme dans ce domaine pourrai-je facilement avoir du travail ? », Conseille-t-il en conclusion.

Certes, le choix d’une filière d’étude est une affaire personnelle, mais il est nécessaire de prendre certains facteurs comme le poids financier des parents ou des tuteurs en considération.

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