Tchad : Aboubacar et Souleymane tirent leurs revenus d’un métier négligé : forgeron

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DOSSIER- Après le métier de cordonnier, suite du dossier sur les métiers négligés ou peu développés avec les forgerons. Nous sommes allés à la rencontre de deux jeunes venus du Niger qui exercent ce métier.


A N’Djamena, le métier de forgeron est très peu exercé. Il est même dédaigné dans certains milieux. Alors que ce métier peut nourrir son homme.

Aboubakar Idriss, un jeune nigérien est venu spécialement au Tchad pour exercer le métier de forgeron après avoir échoué quatre fois au baccalauréat. Pour lui, l’école n’est pas le seul chemin à emprunter pour gagner sa vie.

“Je maîtrise ce métier depuis sept ans déjà, je l’ai hérité de mon père. Après mon échec au bac, j’ai décidé de venir au Tchad pour mettre en application la formatiojn que j’ai reçue de mes parents”, explique-t-il.

Aboubakar Idriss utilise du bois et du fer qu’il transforme en taillant et en mettant au feu. Les produits finis sont entre autre les couteaux, machettes, houes, etc. Il ajoute que c’est grâce à l’argent économisé dans ce métier qu’il s’est marié l’année passée malgré qu’il est nouveau dans le coin où il travaille, ce qui ne lui permet pas d’avoir assez de clients comparativement à ceux qui sont là bien avant lui.

Il a précisé qu’avec le peu qu’il gagne, de 2000FCFA à 3000FCFA par jour, son souhait c’est d’ouvrir un atelier afin de créer de l’emploi aux jeunes et former tous ceux qui s’intéresseront à ce métier afin d’être financièrement indépendant.


Souleymane Ali, agé de 32 ans, lui, n’a pas eu la chance d’aller à l’école. Mais il a appris ce métier dès bas âge auprès de sa famille. Un métier qui lui permet de se prendre en charge, ainsi que ses deux femmes et 5 enfants. “Je suis nigérien, je viens de la région de Tawa. Je suis forgeron, j’ai appris ce métier quand j’avais 12 ans. C’est mon père qui m’a légué cette valeur. A mon tour, je transmettrai cette richesse à mes progénitures et à ceux et celles qui souhaitent embrasser ce métier”.

Souleymane Ali , avoue qu’il ne gagne pas moins de 5000FCFA par jour. “J’ai employé des jeunes et je ne me plains pas malgré quelques difficultés qu’on rencontre dans le cadre du travail avec les agents de la mairie qui prennent souvent les jetons avec moi, le bailleur qui exige qu’on lui paye le loyer à tout prix même s’il n’y a pas le marché, surtout en ce moment de covid avec la fermeture des boutiques”, confie-t-il. Et d’ajouter qu’il a comme projet d’acheter un terrain et ouvrir un atelier qui restera comme un bien familial pour l’avenir de ses enfants.


Pour Souleymane Ali invite les jeunes qui se disent que le seul moyen de trouver de l’argent passe uniquement par l’école de se détromper, car même être un forgeron rapporte de l’argent, ajoute-t-il. “Je dirai à la jeunesse d’aujourd’hui qu’il ne faut pas avoir honte d’un métier quelconque surtout que cela rapporte de l’argent dans la vie. C’est seul le travail qui paye”, exhorte-t-il.

Souleymane Ali invite en fin les jeunes qui se baladent à ne rien faire à rejoindre ce métier, car pour lui ce n’est pas tout le monde qui a la chance de réussir à l’école.

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