Société : pourquoi des adultes prennent des médicaments pour enfants

Société : pourquoi des adultes prennent des médicaments pour enfants

SANTE – Pour se mettre à l’abri du paludisme, des adultes se permettent de prendre des médicaments de prévention destinés aux enfants de trois à douze mois. Est-il conseillé ?

Eviter les menaces du paludisme à tout prix. Le besoin est grand partout au Tchad où la maladie est considérée comme la « best killer » de la population. Seulement en 2018, le Programme national de lutte contre le paludisme a enregistré 922 décès dus à cette pandémie. Les enfants de moins de cinq ans sont les plus touchés, ce qui a amené le gouvernement a multiplié les campagnes de chimio prévention du paludisme saisonnier. Mais là encore le constat est amer.     

Ces médicaments de prévention du paludisme destinés aux enfants de trois à douze mois sont détournés et utilisés par les adolescents voire des adultes. Si l’Organisation mondiale de la santé conseille un comprimé par jour pendant trois jours pour les enfants, les adultes et autres personnes qui veulent eux aussi se mettre à l’abri du paludisme multiplient la dose par deux et cela pendant trois jours.

LIRE AUSSI : ce qu’il faut savoir des dispositifs fiscaux incitatifs aux investissements

Cette façon de faire « est strictement déconseillée », dit le coordinateur du Programme national de lutte contre le paludisme, sans élucider les conséquences que cela pourrait avoir sur la santé. Mais parmi les adultes qui utilisent ces produits, les avis sont partagés.

Sonaté Véronique, agent vaccinateur dans la commune du 9ème arrondissement dit utiliser la chimio-prévention du paludisme saisonnier depuis trois ans pour lutter contre le paludisme dans sa famille. « Mes deux enfants de neuf et six ans et moi-même prenons ces médicaments pour la prévention du paludisme(…) et ça marche normalement rien de grave nous est arrivé », témoigne-t-elle avec un ton convaincant.

LIRE AUSSI : l’agriculture devient un refuge pour les jeunes au chômage

Mais ailleurs, l’expérience n’est pas vécue de la même façon. « A chaque fois que je me force d’avaler ces produits, le palu m’attaque un jour après, alors que j’étais en bonne santé avant », révèle Allahissem Juste, un jeune homme de 23 ans. Une situation qu’a vécue également Jocelyne, une adolescente de 17 ans. « Dès le premier jour, ces médicaments me donnent de la fièvre et par conséquent je ne continue pas, car pour moi c’est un mauvais signe », dit-elle.

Selon les autorités en charge de la Santé publique, l’introduction de la chimio prévention du paludisme saisonnier a permis de réduire les menaces du paludisme dans le pays. Une raison de plus pour les adultes de s’intéresser davantage à ces produits.

Laisser un commentaire

SITUATION DU TCHAD

Confirmés : 860 

Guérisons : 770

Décès : 74

%d blogueurs aiment cette page :