Société : Oxfam au Tchad lance la production hydroponique dans le Lac

Société : Oxfam au Tchad lance la production hydroponique dans le Lac

Dans le cadre de ses programmes d’intervention dans la province du Lac, Oxfam au Tchad a procédé ce 25 juillet au lancement de la phase de production hydroponique dans la sous-préfecture de Daboua.

Titré “La production hydroponique comme intervention humanitaire innovante dans un contexte de crises alimentaires récurrentes au Sahel’’, le projet porté par Oxfam au Tchad s’inscrit dans le volet sécurité alimentaire de ses programmes d’intervention.  Ce projet de production de fourrage vert produit hors sol, lancé ce jeudi 25 juillet, est financé par la Direction de Commerce Extérieur et Coopération au Développement du Royaume de Belgique. Il se justifie par l’absence de pâturage sur une grande partie de l’année et même pendant la saison pluvieuse dans la province du Lac.

Selon les termes de référence du projet, le choix de localiser le projet dans le Lac trouve sa raison dans les similitudes climatiques avec le sud de l’Algérie où des expériences de production hydroponique ont été une réussite et l’idée de renforcer les capacités des pasteurs et agro-pasteurs sur les techniques innovatrices de production fourragère. D’après les informations contenues dans le document du projet, « Les conditions climatiques au sud de l’Algérie dans les camps de réfugiés sont un peu identiques à celles de la partie septentrionale du Lac. C’est pourquoi, le projet reproduit l’expérience algérienne. En raison de l’aridité d’une grande partie de la région du Lac caractérisée une très longue sèche, les bêtes souffrent ici à cause du manque de pâturage. Sur les 12 mois de l’année, le pâturage n’est disponible entre deux ou trois mois seulement. Et cela n’est pas consistant pour les ruminants ».  

Pour cette phase pilote de production de fourrage vert, huit sites sont retenus dans la sous-préfecture de Daboua, département de Fouli, province du Lac à savoir Tatavérom, Yarom, Moundi, Loudjia, Djilkori, Toukoul, Djaouné et Chebrey. Sur ces sites, 820 ménages sont des bénéficiaires directs organisés en groupement mixte ou féminin. Pour être bénéficiaire de ce projet, l’intéressé doit disposer d’au moins de quatre petits ruminants. « Grâce à ce projet qu’Oxfam vient de lancer, mes bétails trouvent de quoi manger. J’espère qu’ils vont retrouver rapidement leurs formes puisqu’ils étaient tous affaiblis », témoigne Haroun Mahamat, un des bénéficiaires.

Comment se fait la production ?

Selon les explications des techniciens d’Oxfam, la production se fait en neuf étapes et hors du sol dans des plateaux disposés dans des étagères le tout sous des coupoles. Dossouna Jacob, technicien agricole à Oxfam explique le processus : « En tout, il y a 9 étapes à suivre pour produire du fourrage vert. La première étape consiste à nettoyer les graines avec l’eau de javel. Ensuite l’imbibition. Puis la pesée des graines (pour un plateau, il faut 850 g de semence). Les autres étapes concernent l’arrosage, le nettoyage et le suivi jusqu’au neuvième jour. »   Toutefois, précise le technicien, il y a des cas de mauvais conditionnement ou de suivi qui peuvent jouer sur les étapes (au lieu de 9 jours, ça peut aller à 10, 11 jours). A la récolte, le fourrage est pesé. Et le nombre de kilogramme équivaut au nombre de bétails qui doivent s’alimenter, une heure après le séchage. Il faut le noter, le fourrage est produit rien qu’avec des graines de blé.  

Les chèvres broutant du fourrage vert produit par Oxfam au Tchad

Initialement, il est prévu une production journalière de 12 plateaux. Mais vu le nombre de plateau disponible, la production est de 4 plateaux par jour et par coupole en ce moment. Dans les jours à venir, le nombre de 12 plateaux par jour sera atteint.

L’intérêt du projet

D’après les documents de référence que nous avons consultés, l’objectif global de ce projet est d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la résilience économique des ménages au Tchad.   « Sécurité alimentaire du fait que la production du fourrage vert vient en complément alimentaire aux bétails », justifie Dossouna Jacob. « Mais également nutritionnelle parce que la production permet au bétail de prendre de l’embonpoint et d’être en bonne santé », renchérit Madjiadoum Djimrabé Fidèle, technicien vétérinaire à Oxfam.

Un technicien d’Oxfam au Tchad inspectant les installations de production

Les ménages ne sont pas du reste. « Grâce à cette production, les petits ruminants en bonne forme peuvent être vendus à des prix acceptables. Cela peut déjà combler le gap financier des ménages », commente Madjiadoum Djimrabé Fidèle. Les groupements qui bénéficient de ce projet peuvent aussi vendre les récoltes ; ce qui leur sera rentable, ajoute le technicien.

L’objectif à long terme de ce projet est l’appropriation par les bénéficiaires. Car, la phase pilote est pour une année. Pour mieux outiller les bénéficiaires pour la relève, Oxfam s’appuie sur un partenaire, Solidarités régionales, une ONG nationale. Les services de l’Etat aussi sont impliqués dans la mise en œuvre. C’est le cas avec l’Agence nationale pour le développement rural (Anader) et les services techniques du ministère de l’Elevage. Pratiquement sur le terrain, les techniciens d’Oxfam et les animateurs de Solidarités régionales donnent des orientations, font le suivi journalier de la production.

Oxfam international est une organisation non gouvernementale qui intervient dans la sécurité alimentaire, les programmes eau, assainissement, hygiène, la protection civile et le plaidoyer humanitaire. Elle intervient au Tchad depuis 1968 et précisément dans la province du Lac à partir de 2016.

Envoyé spécial à Daboua

3 Commentaires

  1. @MN
    26 juillet 2019 at 1 h 03 min Répondre

    formidable, innovation est vraiment en marche au lac avec Oxfam!!!

  2. Marius Nodjineloum
    26 juillet 2019 at 10 h 27 min Répondre

    Intéressant! C’est un projet pilote innovant dans un contexte de crise humanitaire mais aussi celui de pallier le déficit fourrager constant observé dans la bande sahélienne… Le défit reste de taille (technique de maîtrise d’eau, maîtrise de la production elle même, appropriation, etc.) mais l’optimisme est renforcé avec cette première production… !

  3. Togmal David
    26 juillet 2019 at 15 h 52 min Répondre

    C’est une très bonne chose. Il reste un autre défi qui n’est pas des moindres: celui de l’appropriation du projet par les bénéficiaires et les ONG nationales. Chapô à toute l’équipe d’Oxfam au Lac.

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