Société : le “garga” fait saliver, le prix de vente fait rugir

Société : le “garga” fait saliver, le prix de vente fait rugir

Ça y est, « garga » est arrivé. Telle est la phrase qu’on entend souvent dans les familles tchadiennes en cette période de pluie. Ce sont des poissons naturellement aimés du public tchadien à cause de leur goût appétissant. Mais les acheter n’est pas un plaisir que tous les Tchadiens peuvent s’offrir.

« Garga », en patois tchadien est le nom du poisson qui fait couler les salives à N’Djamena, en cette période. Il n’y a que son nom qui attire l’attention des N’Djamenoises et N’Djamenois pendant les périodes de grandes pluies. La seule évocation de son nom fait naître un débat dans les groupes et les familles. « garga » par-ci, « garga » par-là, mais pouvoir les acheter demande un moyen financier qui n’est pas à la portée de tous. « Il faut avoir au moins 1 000 francs CFA pour oser demander son prix aux vendeuses », témoigne un consommateur, rencontré au marché de poisson de Chagoua, dans le 6ème arrondissement. Pourtant dans les années précédentes, avec un 500 francs, la livraison est suffisante pour une soupe familiale.

Dans les marchés, il est très difficile de trouver ces poissons à vil prix. Ce qui empêche certaines personnes d’en consommer, malgré l’envie qui ne se cache pas.

Il est 10h, lorsque nous sommes allés au marché cinquantenaire, dans la commune du 6ème arrondissement de N’Djamena pour nous enquérir de la réalité. En plein milieu de la foule, juste devant une vendeuse des poissons, se trouve une femme bien vêtue. C’est certainement une fonctionnaire qui discute le prix des poissons. « Combien coûte ce tas de poissons ? », demande-t-elle à la vendeuse d’un ton amical. La commerçante de répondre, en montrant du doigt un tas constitué de huit poissons, « 1 000 francs, seulement madame ».

« Dépenser 1000 francs pour huit petits poissons ? », rétorque une femme qui sans doute voulait également demander le prix de ces « petits poissons ». Quant aux vendeuses, elles justifient la cherté par le manque de pluviométrie de cette année. « Le prix est un peu cher parce qu’il n’a pas beaucoup plu cette année », argumente une d’elles.

En attendant qu’il ne pleuve abondamment pour que ces famaux petits poissons n’inondent les eaux, la flambée du prix d’achat fait grincer les dents aux consommateurs. Autrement ceux qui n’ont pas assez de moyens vont seulement saliver en voyant ces poissons.

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