Société : la prise de la tension artérielle quitte les hôpitaux pour devenir un business de la rue

Société : la prise de la tension artérielle quitte les hôpitaux pour devenir un business de la rue

Autrefois pratiquée dans des hôpitaux, la prise de la tension artérielle et du poids passe de nos jours dans l’informel. Des jeunes, avec ou sans notions en science de la santé, s’y livrent et en font une activité génératrice de revenu.

Sont-ils médecins ? Une question que nombre de la population se pose. Les “diagnostiqueurs” ou “preneurs de tension”, tels sont les surnoms qu’on les attribue dans les quartiers de N’Djamena. Tensionmètre et balance en mains, des jeunes sillonnent les quartiers de N’Djamena pour proposer leurs services. Pour se rendre plus visible, ils vont de porte à porte. « Sans consultation mais on se lance seulement », balance Dénérabé, une femme pratiquante au quartier Moursal.

Source de revenu

Pas de besoin de débourser une grosse somme pour bénéficier des services de ces “docteurs improvisés”. Pour prendre le poids d’une personne, ils taxent 50 f CFA. Pas trop d’efforts à faire, il suffit juste de monter sur la balance et les chiffres s’affichent. Pour la prise de la tension artérielle, le prix est fixé à 200 f CFA par personne. La plupart utilisent des tensionmètres automatiques. Tout se passe bien sauf l’interprétation pour la tension artérielle. « Seuls les connaisseurs peuvent l’interpreter », nous dit Francis, un preneur de tension rencontré.

« Moi j’ai appris à manier le tensionmètre grâce à ma grande sœur. Elle a un peu fait la médecine et je regardais comment elle le faisait sur mes parents. C’est de là que j’ai confisqué l’appareil temporairement et je me suis lancé en commercialisant, par défaut de moyens bien sûr », avoue Izack, un jeune de la vingtaine. Pour certains d’entre eux, la connaissance des bases de la médecine y ait. C’est le cas de Richard Abdelkadre, étudiant en deuxième année de soins infirmiers. « Je connais un peu l’histoire et le fonctionnement du tensionmètre. Et avec mes précédents stages, j’ai appris à interpréter les diagnostics et à mieux conseiller un patient », dit-il.

Pour certains N’djamenois, cette méthode ambulante est facilitante. « On n’a pas besoin de consultation ni payer de gros billets de franc CFA. Ça nous allège vraiment la tâche. Et moi j’ai pleinement confiance à leur interprétation », dit Angela Mbairé.

Se fier à ces jeunes « consultants » n’est-il pas un risque en cas d’une crise de tension ? Est-ce que ces interprétations données sont-elles fiables ?  Tas de questions que seul un médecin du domaine peut y répondre. Des réponses exclusives dans une interview en cours.

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