Société : “grâce à la station de lavage, j’ai acheté un terrain”, affirme un tenancier

Société : “grâce à la station de lavage, j’ai acheté un terrain”, affirme un tenancier

SOCIÉTÉ – Foisonnant comme des champignons dans la ville de N’Djamena, les stations de lavage génèrent de l’argent et procurent à leurs tenanciers satisfaction, au-delà des préjugés.

Les propriétaires sont des jeunes pour la plupart, issus de milieux modestes. Avenues Goukouni Weddeye, 10 octobre, Charles de Gaulle, etc. partout à N’Djamena, l’éclosion des stations de lavage ne passe pas inaperçue. Installés aux bords des voies bitumées, elles génèrent des revenus non négligeables même si d’aucuns considèrent comme activité avilissante. Quant aux laveurs, ils ne se plaignent point. Ils s’évertuent à décrasser véhicules, motos, tapis, moquettes contre rétribution.

Torchon empoigné et seau d’eau mousseux à sa gauche, Mogobaye Elisée, travaillant dans une station sur l’avenue Kondol raconte: “venu de Koumra pour étudier chez un cousin, les choses ne se passent pas comme prévu. Alors, j’ai commencé ici et cela fait déjà 7 ans…”. Blaise son collègue est assis à lombrage d’une haie confie: “j’habite Walia. C’est grâce à ce boulot que je nourris ma femme, mon fils et paie mon loyer“.

Ils sont payés 1 500 ou 2 000 francs CFA par jour, mais préfèrent percevoir leur paie en fin de semaine. Les coûts de lavage varient de 3 500 à 4.000 francs selon les carrosseries de véhicule et 500 francs pour les motos. Une vingtaine de véhicules est lavée ici quotidiennement. Dans une autre station à Moursal,  Djérabé Jesquin preste avec une dizaine de jeunes employés. Nanti d’une licence mais en quête d’emploi, le bonhomme crée sa station en 2006, grâce à l’aide de quelques proches. “Mes employés touchent 2.000 par jour et mangent à midi c’est soit du riz avec sauce, soit du haricot’’, dit-il. Grâce au lavage, il a acheté un terrain qui est actuellement en chantier. Il assure également la scolarité de ses cadets et ses besoins. A certaines périodes, il peut gagner jusqu’à 2 millions le mois. Bientôt, il envisage lancer une blanchisserie et faire des nettoyages de domiciles.

A la station Zoumour de Paris-Congo, le tenancier explique succinctement “chaque jour, les gens achètent des voitures. Plus il y a de voitures, plus on lave“.

Les propriétaires des stations de lavage sont unanimes sur un point. En dépit des remarques parfois désobligeantes sur le travail qu’ils font, “le fruit de ce travail a amélioré leur condition de vie“.

Bactar Frank I.

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