Société : conduire à N’Djamena est dangereux

La circulation routière à N’Djamena est empiétée par une mauvaise conduite qui provoque quotidiennement de nombreux accidents. Ce triste constat est perceptible sur les grandes artères.

Il est 8h. Les moteurs des automobiles ronronnent à tue-tête sur l’avenue Mobutu. Le tronçon du goudron du lycée Sacré-Cœur jusqu’au rond-point de La fontaine est un véritable goulot d’étranglement qui ne laisse quasiment aucun passage fluide. Véhicules, motos et piétons y fourmillent et passent péniblement. Les plates-bandes et délimitations sur le bitume sont ignorées, méprisées. Des véhicules sur deux colonnes occupent complétement la chaussée. Des motos roulant sur le trottoir ne laissent que la motte de terre à rebord aux piétons. Chacun y va selon ses aises. L’incivisme ou l’ignorance d’aucuns est impressionnant.

A N’Djamena, la circulation est pénible et dangereuse. Illustration. Une dame et son clandoman (mototaxi) venaient de se faire faucher par un taxi qui essayait de doubler un gros porteur chargé de marchandises à craquer lundi dernier sur l’avenue Goukouni Weddeye. La dame et son conducteur ont atterri au sol sur un banc de sable heureusement. Ce qui ne leur a provoqué que des éraflures. Des passants ont rapidement accouru à leur secours tandis que le taxi feignant de s’arrêter, accélère et disparait dans un nuage de fumée. A quelques mètres de là, se trouve le rond-point Aigle où étaient stationnés des policiers en faction qui n’ont même pas levé le petit doigt face à la déplorable scène. Une jeune avocate du barreau propriétaire d’une moto s’y refuse à la conduire par peur d’être victime d’accident de circulation au vu des nombreux accrochages et collusions dont elle est témoin chaque matin et soir quasiment à son départ  pour son cabinet et son retour à la maison. Elle préfère se déplacer en taxi et “prie tous les matins pour sa vie’’, jure-t-elle.

Un peu plus loin sur l’avenue Taïwanais à Habbena, une vendeuse à l’étal s’est fait écraser il y a quelques temps par le chargement mal attelé d’une semi-remorque. Cet axe est réputé pour ses terribles accidents dus, tantôt à la mauvaise conduite, tantôt à la décrépitude du goudron, foyer de nids-de-poule et crevasses. L’asphalte ne se distingue plus des flaques d’eau boueuses. Sorti d’une grillade de viande avoisinant le goudron, Armand Dapsia se fait “rentrer dedans’’ par un motocycliste ne l’ayant pas vu traverser. Tel le choc fut brutal faisant un bruit assourdissant, les deux sont sonnés. La dame est inconsciente et lui a la jambe fracturée. Des gens aux alentours viennent à leur aide. Parmi l’attroupement, deux hommes en treillis tentent de calmer la foule et de prendre les choses en main. Prétendant être flics, ils passent aussitôt au constat sans s’enquérir de l’état de santé des victimes ou appeler les urgences. Et ce, profitant de la confusion, les deux comparses s’éclipsent avec la moto d’Armand. “J’ai perdu ma jambe et ma moto le même jour’’, ironisera plus tard le jeune homme. Aux “heures de pointe’’, les viaducs de Dembé et Chagoua abritent des embouteillages monstrueux. Le peu de policiers campant là sont débordés tentant à la fois de contrôler les papiers et de réguler la circulation. “De malhonnêtes conducteurs ne disposant pas de pièces, de papiers ou pour des raisons diverses se faufilent à toute allure même quand ils n’ont pas la priorité giratoire. Cela crée généralement le désordre et les accidents’’, explique sobrement un agent croisé sous l’échangeur de Dembé.

Ces tragédies et drames liés à la mauvaise conduite suscitent beaucoup d’indignation. Un sociologue requérant l’anonymat affirme, “bien que la responsabilité soit partagée entre l’Etat et usagers qui sont ignorants ou inciviques, la part du premier est supérieure’’.

Bactar Frank I. stagiaire

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