Société: Ces accros aux jeux de pari

A N’Djaména, de plus en plus, pullulent salles et box de jeux, dont la cible est cette jeunesse en mal de repère qui espère un beau jour toucher la cagnotte.

La soif de pactole des amateurs de jeux de pari ne tarit guère. Ils sont debout, misant à la file. Tandis que d’autres, sous le soleil, accourent vers la grande salle de jeux sur l’avenue Ngarteri ou sur l’avenue longeant le marché de Dembé du côté sud. Dans les salles moites de chaleur, des sièges sont disposés pour  les parieurs. Tickets, coupons de jeu et verres en plastique débordent des corbeilles placées aux extrémités des pièces. Nombre de clients font, tête baissée, leurs “combinaisons et calculs”. stylos et morceaux de papier empochés, d’autres, un peu plus bruyants, encouragent les équipes de football et certains chevaux sur lesquels ils ont misé. “J’aurais le jackpot avec les numéros que j’ai choisis…“, s’enthousiasme un mordu de loto, croisé à un guichet.

Sur l’avenue Taïwan, le bâtiment Afrijeux fourmille de monde. Jeunes, vieux et même femmes sont de la partie. Chacun y va de son pronostic. Casquette sur la tête, un parieur déroule le menu: “il y a course de lévriers, bonus loto, pmu, parifoot, bet 50...”

Débordée par des clients, une gérante de caisse de la salle de Kabalaye requérant l’anonymat confie: ” des dizaines de joueurs nous submergent par jour. Sur 100, il arrive qu’aucun ne gagne. Un joueur a une chance sur 20 millions. Il y a plus de perdants que de gagnants comme dans tout pari. Même si un client rafle la mise, il est tout simplement payer par la mise de quelques malheureux perdants. C’est un business florissant”, explique-t-elle.

Ces entreprises sont légion à N’Djaména et ouvrent généralement dès 8h jusqu’à 21h. “A la fermeture, d’aucuns supllient pour qu’on leur accorde un temps supplémentaire de jeu. D’autres, chipent de l’argent de leur entourage ou dilapident complément leur pécule“, renchérit la gérante. Posté devant le boitier de “Jocker’’ clignotant des lumières colorées, Dézoumbé regrette: “j’avais gagné 95.000 francs. Le lendemain, allant faire des achats, j’ai fait un détour ici et ils ont tout récupéré. Rentré en l’absence de ma femme, j’ai pris l’argent de la ration, et bien-sûr, ils m’ont encore bouffé…

Docta, parieur invétéré rencontré à Djambal Barh jure “arrêter quand il gagnera 10 millions, sinon rien...”. Un autre a failli en venir aux mains avec sa femme après lui avoir subtilisé 1000 francs de sa vente de poisson frit pour aller jouer.

Bactar Frank I.                        

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