Société : arnaque sur les pêcheurs du fleuve Chari, un réseau démantelé

Société : arnaque sur les pêcheurs du fleuve Chari, un réseau démantelé

Depuis un certain temps, les pêcheurs exerçant sur le fleuve Chari de N’Djamena sont victimes d’arnaque de la part des gens en armes. Après enquête, l’association, responsable de cette pratique, a été démantelée.

Selon les pêcheurs interrogés par nos confrères de la radio Fm Liberté, ils sont perturbés chaque jour dans l’exercice de leur profession du fait des pratiques des personnes en tenue militaire qui sillonnent les eaux du fleuve Chari et Logone. Sans aucun prétexte, les pêcheurs sont sommés de payer chaque jour 2 000F CFA. « Ces gens sillonnent le fleuve et prennent 2 000F CFA avec tout pêcheur qu’ils rencontrent sur leur passage et ce, tous les jours. Si tu oses dire non, on arrache ta pirogue. Avant de la récupérer, il faut payer 30 000F à 40 000F CFA », s’alarme un pêcheur. « S’ils arrachent ta pirogue et tes filets et que tu tardes à payer, ils vendent ça à d’autres pêcheurs », renchérit un autre.

Autre prétexte d’arnaque, la carte d’adhésion à une organisation dénommée Coordination des instances locales d’orientation et de développement. Au nom de cette association, trois différentes cartes d’adhésion dont le tarif varie entre 3 000 à 10 000F CFA sont  disponibles. Mais ce qui est incompréhensible, c’est l’immixtion des militaires. « Les militaires à bord des hors-bord nous ont arrêtés et nous ont conduits au sous-poste des agents des eaux et forêts non de l’abattoir d’Atrone. Ils nous ont obligés à payer 3 000F CFA la carte. Si c’est pour la carte d’adhésion, en quoi ça concerne les militaires nomades ? Franchement nous ne comprenons rien », se plaint une victime.

Selon le président de la faitière des organisations pour la promotion de la pêche, Haroun Taguer, l’organisation au nom de qui cette pratique est instituée est fictive. « C’est une organisation fictive qui a créé un système d’arnaque. Et plus grave, quand on amène des gens en arme pour subtiliser l’argent aux pauvres pêcheurs, c’est dangereux »,  déclare-t-il avec consternation au micro de Fm Liberté. Pourtant l’organisation a eu son autorisation de fonctionnement le 3 mai 2018 mais aucun responsable du ministère de l’Environnement et de la Pêche n’est au courant.

A l’issue d’une réunion convoquée par la direction de la pêche et de développement de l’aquaculture, les activités de la Coordination des instances locales pour le développement sont suspendues jusqu’à nouvel ordre.

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