Salamat : Le “beré-beré” ou “or gris”, une richesse du terroir

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AGRICULTURE – La province du Salamat est l’un des principaux greniers du Tchad. Dans cette partie du pays, on fait la récolte au moins deux fois dans l’année. L’on y trouve notamment “l’or gris”, ou le “beré-beré”.

Un vent léger au milieu des champs ; des feuilles d’arbre dansant au rythme du vent… Telle est l’ambiance dans les champs des villages Afous, dans le Salamat.

Ce jour-là, l’enthousiasme, la surprise et la fierté m’envahissent tout d’un coup. J’ai été surpris de l’évolution fulgurante des champs qui, il y a moins de 50 jours encore, n’étaient qu’à la phase du premier sarclage. Ces hectares qui s’etendent à perte de vue. Comme des sables dans le Sahara.

Ce sont des champs de « beré-beré », une variante de mil cultivée dans les zones de culture maraîchère du Tchad.  

Un apport à l’économie locale

Dans cette partie du pays, les populations bénéficient d’une double culture en une année. En effet, pendant la saison pluvieuse, la clémence du climat permet d’y cultiver le riz.

Pendant la saison sèche, la place est laissée à ”l’or gris”. Cette double culture renforce l’économie locale, fortement bousculée par les problèmes d’infrastructures routières et parfois, de forte pluviométrie dévastatrice. « Depuis ces dernières années où le débordement des eaux de pluie nous dérangent constamment, ce n’est que la culture du ”beré-beré” qui me permet de subvenir au besoin de mes enfants. Vu que les champs de riz sont souvent envahis par les eaux », confie Mahamat Issa Djibrine.

Comme Djibrine, plusieurs habitants vivent la même situation. « ”Le beré-beré  est la seule chose qui me maintient encore ici. Sinon, cette localité serait invivable », laisse entendre Hamit.

Manque d’infrastructures routières…

On n’en parlera jamais assez. La problématique d’infrastructures routières, facteur de désenclavement du Salamat et d’autres contrées du Tchad, reste un grand handicap à l’acheminement des récoltes vers des carrefours commerciaux tels que Abéché et N’Djamena.

Alors que la première pierre du tronçon Am Timan – Mongo a été posée en 2015, les travaux de construction peinent à démarrer. Une situation qui pénalise les commerçants. « Nous sommes l’un des greniers du Tchad et qu’est-ce que nous avons comme infrastructures routières? Pratiquement rien. Comment pourrions-nous faire sortir de cette province nos récoltes ? », se lamentait déjà le chef de canton Hemat, M.Hamit, dans une interview accordée à Tchadinfos en octobre 2020.

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