Sahel/terrorisme : onze pays africains affinent leurs stratégies de lutte contre le terrorisme à Niamey

NIAMEY, 19 février (Xinhua) — Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Unité de fusion et de liaison ( UFL) sont réunis mercredi à Niamey afin d’étudier les voies et moyens les plus appropriés pour la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans la région du Sahel.

Au cours de cette réunion d’une journée, les ministres qui sont assistés par des chefs des services de renseignements et de sécurités de leurs pays respectifs, ainsi que des représentants de l’Unité africaine et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), échangeront sur la situation politique et sécuritaire dans la région sahélo-saharienne, le renforcement de la coopération sécuritaire et l’opérationnalisation de l’architecture africaine de paix et de sécurité, entre autres.

L’UFL est un organisme de lutte contre le terrorisme et le crime organisé créé en avril 2010 par les sept pays concernés par la question terroriste dans le Sahel, l’Algérie, la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso, la Libye, le Mali et le Tchad auxquels se sont joints le Nigeria, le Sénégal, la Guinée et la Cote d’Ivoire.

Elle coordonne l’action de lutte contre le terrorisme et mène une propagande contre ses méfaits.

“Les récents événements survenus à Gao au Mali, portant sur l’enlèvement d’une équipe du CICR revendiqués par le MUJAO, démontrent à suffisance l’état de précarité de la situation sécuritaire dans notre région et doivent nous interpeler davantage sur l’urgence et la nécessité d’une coopération renforcée entre les acteurs compétents”, a préconisé le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bazoum Mohamed, présidant l’ouverture de la réunion.

Selon le chef de la diplomatie nigérienne, son pays qui subit “les impacts collatéraux des crises libyenne et malienne” s’est très tôt investi dans la recherche des voies et moyens de sécurisation de ses frontières extracommunautaires à travers un partenariat qui garantisse les droits humains et la libre circulation des personnes.

“La situation en Libye, tant au plan politique que sécuritaire, reste marquée par des tensions plutôt inquiétantes, nous devons y réfléchir de façon à contribuer à générer une dynamique nouvelle”, a-t-il suggéré.

Pour Bazoum Mohamed, l’adhésion du Niger à la stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel et son entrée au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine constituent une autre illustration de l’engagement des plus hautes autorités du Niger à servir la cause de la paix partout où cela s’avère nécessaire.

“Le processus de Nouakchott est en effet un processus d’évaluation, nos réunions sont donc des occasions pour mesurer avec précision l’état de la sécurité dans notre espace. Les choses évoluent à cet égard incontestablement dans le bon sens, au Mali notamment où le processus de cantonnement des groupes armés sera bientôt amorcé”, s’est réjoui le chef de la diplomatie nigérienne.

Le président de la Commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouedraogo, a, pour sa part, fait cas de la stratégie de lutte contre le terrorisme élaborée par son institution qui vise à renforcer les capacités opérationnelles des états membres pour une réponse effective au terrorisme.

Selon lui, cette stratégie repose sur trois piliers principaux, à savoir la prévention, la répression et la reconstruction.

“Il ne fait aucun doute que les stratégies initiées par diverses organisations, si celles-ci sont bien coordonnées, devraient contribuer, de manière significative, au développement socio-économique et à la stabilité dans la région du Sahel, conformément aux principes de démocratie, de bonne gouvernance et de l’état de droit, de manière à prévenir la survenance des nouvelles crises dans le futur”, estime Kadré Désiré Ouedraogo.

Le même optimisme est partagé par la Communauté des Etats sahélo-sahéliens (Cen-Sad) représentée par son secrétaire général par intérim, Ibrahim Sani Abani, qui a estimé que “la volonté politique forte existe”.

“Il reste à donner un contenu opérationnel et donc à créer les synergies nécessaires, en ayant à l’esprit notamment le rapport du secrétaire général des Nations unies en date du 1er août 2013 sur le causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durable en Afrique”, a-t-il soutenu.

“Nous devons éviter la dispersion des efforts en faisant fonctionner, tant au niveau des Etats que des organisations internationales, la règle de la complémentarité”, a conseillé M. Abani, ajoutant que “la Cen-Sad reste ouverte à tous les partenariats pourvu qu’ils concourent à la restauration et la culture de la paix singulièrement dans l’espace sahélo-saharien, cet espace qui aujourd’hui focalise toutes les attentions”.

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