lundi 28 novembre 2022

Restructuration de la dette : la Banque mondiale plaide pour de “réelles réductions” pour le Tchad et la Zambie

Les créanciers du Tchad et de la Zambie n’ont pas jusqu’ici accepté des réductions pures et simples de la dette. Ils sont jusqu’ici plutôt favorables à l’extension de la durée du remboursement des prêts contractés par les deux pays.

Le président de la Banque mondiale, David Malpass, a plaidé, samedi 12 novembre, pour l’accélération du processus de restructuration de la dette de la Zambie et du Tchad, tout en soulignant la nécessité d’aller au-delà de l’extension de la durée du remboursement pour intégrer de « réelles réductions » des dettes de ces deux pays.

« Pour le Tchad comme pour la Zambie, il est essentiel d’accélérer le processus et de mettre en œuvre de réelles réductions de la dette. Plus le processus se prolonge, plus il est difficile pour le pays et ses habitants de se remettre sur pied », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à Reuters.

« Les créanciers du Tchad ont conclu le premier accord négocié au titre du Cadre commun du G20 pour les traitements de dette, mais cet accord laisse en suspens la viabilité de la dette à plus long terme du pays, car il ne prévoit pas de réduction effective de cette dette », a déploré M. Malpass, soulignant l’urgence de réduire la dette de la Zambie pour permettre à ce pays « d’attirer les nouveaux investissements nécessaires ».

Le président de la Banque mondiale a également critiqué la réticence de la Chine à accepter la restructuration de la dette des pays à revenus faible et intermédiaire. « La Chine a été jusqu’à présent un acteur réticent dans ce processus qui évolue lentement. Ils sont surtout des observateurs », a-t-il estimé.

Lire aussi : Le Tchad obtient la restructuration de sa dette extérieure

M. Malpass a d’autre part fait savoir que le rapport annuel de la Banque mondiale sur les statistiques de la dette internationale, qui doit être publié en décembre prochain, est « troublant », sans révéler des chiffres précis.

« Le rapport montre que le montant de la dette a considérablement augmenté, et que le montant dû à la Chine représente quelque 66 % du total des prêts accordés par les créanciers bilatéraux officiels. Il indique clairement que la réduction de la dette doit s’étendre largement pour inclure le secteur privé et la Chine », a-t-il précisé.

Les créanciers du Tchad, dont la Chine et le groupe de négoce des matières premières Glencore, sont parvenus, début novembre, à un accord de principe sur la restructuration de la dette extérieure de ce pays d’Afrique centrale. L’accord prévoit que les créanciers profileront ou échelonneront de nouveau la dette du Tchad en 2024, la dernière année du programme de financement dont bénéficie le pays de la part du Fonds monétaire international (FMI) au titre de la facilité élargie de crédit (FEC).

Premier pays africain à faire défaut de paiement sur sa dette extérieure pendant la pandémie du coronavirus, la Zambie doit, quant à elle, achever les négociations sur la restructuration de sa dette avec les créanciers officiels d’ici fin 2022, avant d’entamer des négociations avec ses créanciers privés.

Avec l’agence Ecofin

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