Rapport de Transparency 2020 : le Tchad toujours dans le top 20 des pays fortement corrompus au monde

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RAPPORT – Transparency International, principale organisation de la société civile œuvrant pour mettre fin à la corruption dans le monde, a publié la 26e édition du rapport de son indice annuel de perception de la corruption ce jeudi 28 janvier. Sur 180 pays concernés, le Tchad occupe le 160e rang.

Ce classement de Transparency 2020 relève que “la corruption persistante fragilise les systèmes de santé et contribue au recul de la démocratie dans le contexte de la pandémie de Covid-19.”

“Les pays qui obtiennent de bons résultats sur l’indice investissent davantage dans les soins de santé, sont mieux à même de fournir une couverture médicale universelle et sont moins susceptibles de porter atteinte aux normes et institutions démocratiques ou à l’État de droit”, a indiqué Delia Ferreira Rubio, présidente de Transparency International.

Selon elle, « la Covid-19 n’est pas seulement une crise sur le plan sanitaire et économique. C’est également une crise sur le plan de la corruption. Et pour l’instant, nous n’arrivons pas à l’endiguer ». Et d’ajouter : « l’année écoulée a mis à l’épreuve les gouvernements comme jamais auparavant, et ceux dont le niveau de corruption est le plus élevé ont eu le plus de mal à relever le défi. Mais même ceux qui sont à la tête de l’IPC (Indice de perception de la corruption) doivent de toute urgence s’attaquer au rôle qu’ils jouent dans la perpétuation de la corruption dans leur pays et à l’étranger ».

L’édition 2020 de l’IPC classe 180 pays et territoires en fonction de leur niveau perçu de corruption dans le secteur public, en s’appuyant sur 13 évaluations et enquêtes auprès d’experts et de dirigeants d’entreprises. L’IPC utilise une échelle allant de zéro (fortement corrompu) à 100 (très faiblement corrompu).

Sur cette échelle, le Tchad obtient 21 points, donc fortement corrompu. L’année dernière le Tchad était au 162e rang. Il a connu un léger progrès cette année en occupant la 160e place.

Le Danemark et la Nouvelle-Zélande sont en tête de l’indice, avec 88 points. La Syrie, la Somalie et le Soudan du Sud arrivent en dernière position, avec 14, 12 et 12 points, respectivement.

Évolutions marquantes

Depuis 2012, le premier point de comparaison dans la méthodologie actuelle de l’IPC, 26 pays ont sensiblement amélioré leur score, dont l’Équateur (39), la Grèce (50), le Guyana (41), le Myanmar (28) et la Corée du Sud (61).

Vingt-deux pays ont vu leur score sensiblement baisser, dont la Bosnie-Herzégovine (35), le Guatemala (25), le Liban (25), le Malawi (30), Malte (53) et la Pologne (56).

Près de la moitié des pays stagnent sur l’indice depuis près d’une décennie, ce qui indique une impasse dans les efforts des gouvernements pour s’attaquer aux causes profondes de la corruption. Plus de deux tiers des pays réalisent un score inférieur à 50.

Covid-19

Transparency International indique que la corruption représente une menace critique pour la vie et les moyens de subsistance des citoyens, surtout lorsqu’elle est associée à une urgence de santé publique. Il existe une corrélation entre le niveau de corruption du secteur public et la hauteur des investissements dans les soins de santé.

“L’Uruguay, par exemple, qui obtient le score le plus élevé en Amérique latine (71), investit massivement dans les soins de santé et dispose d’un solide système de surveillance épidémiologique, qui a facilité sa lutte contre la Covid-19 et d’autres maladies infectieuses, comme la fièvre jaune et le Zika”, rapporte Transparency.

À l’inverse, le Bangladesh, avec 26 points, investit peu dans les soins de santé alors que la corruption prospère pendant l’épidémie de Covid-19, qu’il s’agisse de pots-de-vin dans les cliniques de santé ou de détournement de l’aide. La corruption est également omniprésente dans l’acquisition de fournitures médicales.

Les pays où le niveau de corruption est plus élevé ont également tendance à commettre les plus graves atteintes à l’État de droit et aux institutions démocratiques dans le contexte de la crise liée à la Covid-19. Il s’agit notamment des Philippines (34), où la réponse à la Covid-19 a été caractérisée par des attaques majeures contre les droits fondamentaux et la liberté de la presse.

Recommandations

L’Ong Transparency souligne également que l’année écoulée a mis en évidence les problèmes d’intégrité, même dans les pays les plus performants, ce qui prouve qu’aucun pays n’est à l’abri de la corruption. Pour réduire la corruption et mieux répondre aux futures crises, en guise de recommandations, Transparency International demande à tous les gouvernements du monde :

– de renforcer les organes de contrôle pour s’assurer que les ressources parviennent à ceux qui en ont le plus besoin. Les autorités de lutte contre la corruption et les organes de contrôle doivent avoir les fonds, les ressources et l’indépendance nécessaires à l’exercice de leurs fonctions;

– de garantir la transparence des contrats pour lutter contre les malversations, identifier les conflits d’intérêts et assurer une tarification équitable;

– de défendre la démocratie et promouvoir l’espace civique afin de créer les conditions permettant de demander des comptes aux gouvernements; et

– de publier les données pertinentes et garantir l’accès à l’information pour que le public reçoive des informations compréhensibles, accessibles, opportunes et significatives.

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