Rapport d'Amnesty sur le Tchad : arrestations, détentions illégales, répression contre les critiques

Le nouveau rapport d’Amnesty International, intitulé “Au nom de la sécurité. Arrestations, détention et restrictions à la liberté d’expression au Tchad”, donne des preuves de la répression violente de toute forme de critique par le gouvernement et des restrictions à la liberté d’expression dans le pays.

Des centaines de personnes – dont des députés de l’opposition, des journalistes et des universitaires – sont détenues illégalement au Tchad, souvent sans inculpation et dans des conditions déplorables.

Le régime d’Hissène Habré, dans les années 1980, était tristement célèbre pour ses méthodes répressives visant à réduire au silence quiconque s’opposait au gouvernement. À son arrivée au pouvoir, en 1990, le président Idriss Deby Itno s’est engagé à mettre un terme aux violations des droits humains, mais la situation a continué de se détériorer.

En mai 2013, une tentative de coup d’État présumée a été réprimée par les forces de sécurité, qui ont ouvert le feu sans discrimination sur un groupe de personnes semble-t-il non armées qu’elles accusaient d’être impliquées. Trois à huit personnes ont été tuées par balle.

Les forces de sécurité ont ensuite arrêté et incarcéré la plupart des blessés, leur refusant l’accès immédiat à des soins médicaux.

Après cette tentative de coup d’État, un certain nombre d’opposants politiques, dont Mahamat Saleh Makki, député et président du Parti pour l’unité et la reconstruction (PURE), ont été interpellés.

Par la suite, ils ont été inculpés de « complot, atteinte à l’ordre constitutionnel et complicité d’assassinat ».

Une trentaine se trouve toujours en détention. Malgré les demandes d’informations formulées par les familles et les organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, on ignore toujours où se trouvent bon nombre d’entre eux.

Mahamat Saleh Makki a été détenu pendant quatre mois et n’a été autorisé à voir sa famille que trois jours après son arrestation ; au départ, il n’a pas non plus été autorisé à consulter un avocat.

Une Commission nationale d’enquête a été créée en 2008 pour enquêter sur les violations des droits humains commises pendant et après l’attaque menée en février 2008 par des groupes d’opposition armés contre la capitale, N’Djamena.

Le rapport de cette Commission a conclu à la responsabilité du gouvernement tchadien dans les arrestations arbitraires, la détention illégale et la disparition forcée d’un certain nombre de personnes, comme le dirigeant de l’opposition Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont on reste sans nouvelles à ce jour.

Amnesty International demande que des enquêtes approfondies, indépendantes et impartiales soient ouvertes dans les plus brefs délais sur toutes les allégations de torture et d’autres mauvais traitements et que les responsables présumés soient traduits en justice.

Elle appelle également les autorités à libérer toutes les personnes détenues sans inculpation ou à les inculper sans délai d’une infraction dûment reconnue par la loi.

Le 17 octobre 2013, le Tchada été élu membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour deux ans à compter de janvier 2014. Les autorités tchadiennes doivent profiter de cette occasion pour améliorer la protection, la promotion et le respect des droits humains dans le pays.

Pour en savoir plus :

Lire notre rapport : « Au nom de la sécurité ? » Arrestations, détention et restrictions à la liberté d’expression au Tchad. AFR 20/007/2013 – 24 octobre 2013

amnesty.fr

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