Présidentielle : Idriss Déby Itno, en route pour un 6e mandat

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DOSSIER – Tchadinfos vous propose une série des portraits des candidats en lice pour la présidentielle du 11 avril 2021. pour commencer, Idriss Déby Itno le président sortant. Malgré les manifestations des partis politiques et associations de la société civile, contre sa candidature ainsi que le retrait de certains de ses concurrents de la course, le président sortant est donné grand favori pour sa propre succession. Une partie de l’opinion estime même que sa réélection est jouée d’avance. Sur les traces de celui qui dirige le Tchad depuis plus de 30 ans et qui s’apprête, sauf surprise, à rempiler pour un nouveau mandat.

Une bonne partie de la population tchadienne qui est majoritairement jeune, n’a connu que lui comme président de la République. En effet, c’est depuis décembre 1990, qu’Idriss Déby (devenu par la suite Idriss Déby Itno), dirige le Tchad après avoir chassé son ancien mentor, Hissène Habré, du pouvoir par les armes. Après plus de 30 ans au pouvoir, il vise un 6ème mandat à la présidentielle du 11 avril 2021.

Né en 1952 à Berdoba, au sud Est de Fada, Idriss Déby Itno, décroche en 1976, une licence de pilote professionnel (spécialité transport des troupes) à l’Institut aéronautique Amaury de la Grange (France), après être passé par l’école d’officiers de N’Djamena. Il soutient le président Félix Malloum, jusqu’à sa chute en 1979. De retour au pays cette même année, Déby collabore avec Hissène Habré, entré en rébellion en mars 1980, contre Goukouni Weddey après l’éclatement du Gouvernement d’Union nationale de transition (GUNT), formé cinq mois plus tôt. Hissène Habré nomme Idriss Déby, commandant en chef  des Forces armées du nord (FAN).

Le 7 juin 1982, Habré, avec Déby à ses côtés, chasse Goukouni du pouvoir. Promu colonel, Déby est nommé chef des armées adjoint en 1983. En 1985, il part en France suivre les cours à l’Ecole de guerre interarmées. Il revient au pays en 1986 et est nommé conseiller de Hissène Habré pour la défense et la sécurité.

Vers la fin des années 80, les relations se détériorent entre les deux hommes. Après une tentative de coup d’Etat le 1er avril 1989, Idriss Déby et ses frères d’arme, Hassan Djamous, Abbas Koty, etc. s’enfuient de N’Djamena. Certains de ses compagnons trouvent la mort. Hassan Djamous, blessé est capturé. Idriss Déby réussit à gagner le Soudan puis la Libye. De retour au Soudan, il fonde en mars 1990, le Mouvement patriotique du salut (MPS), qui chasse Hissène Habré du pouvoir le 1er décembre de la même année. Déby est porté à la présidence du Conseil d’Etat le 4 décembre, puis sera désigné président de la République par son mouvement devenu parti politique début 91.

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Déby fait adopter en février 1991, une Charte nationale qui servira de loi fondamentale jusqu’à la promulgation de la Constitution le 14 avril 1996, une Constitution issue de la Conférence nationale souveraine de 1993, qui avait pour but de refonder les bases de la nation tchadienne.

Idriss Déby est élu pour un premier mandat en 1996, (il recueille 43,82% au premier tour face à 14 candidats et bat Wadal Abdelkader Kamougué au second tour par 69,09%). Il ouvre alors son gouvernement à une partie de l’opposition dans le cadre de la DCP (Démocratie consensuelle et participative).

En mai 2001, Idriss Déby est réélu dès le premier tour avec 63,17% des voix. Alors que son deuxième et dernier mandat constitutionnel s’achevait en 2006, la constitution est révisée par référendum en 2005 et le verrou de la limitation de mandat est sauté.

En avril 2006, les rebelles du Front uni pour le changement (FUC), entrent à N’Djamena et ont failli renverser le président Déby. Mais il réussit à les repousser et se fait élire pour un troisième mandat en mai 2006 avec 64,67%, les poids lourds de l’opposition ayant boycotté le scrutin. Un accord politique est signé en août 2007 entre le pouvoir et les différents partis de l’opposition visant à commencer un processus de démocratisation. Mais une autre incursion des rebelles dans la capitale en février 2008 (lors de laquelle l’opposant Ibni est porté disparu) a de nouveau failli emporter son régime.

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En avril 2011, Déby est réélu au premier tour pour un quatrième mandat à la tête du Tchad avec 88,26%. Comme en 2006, les principaux opposants avaient boycotté cette élection. En avril 2016, les opposants de taille étaient cette fois-là dans la course. Mais les résultats, contestés par l’opposition, donnent le président sortant vainqueur au premier tour avec 59,92% des voix.

En 2018, le pouvoir organise un Forum national inclusif, pourtant boycotté par une partie de l’opposition et de la société civile et une nouvelle constitution est adoptée instaurant la 4ème République. Le mandat présidentiel est de nouveau limité à deux mais passe de cinq à six ans.    

Promu général de corps d’armée en 1995, Idriss Déby est élevé au rang du Maréchal le 11 août 2020. Le 11 avril prochain, il aura face à lui six candidats que beaucoup d’observateurs de la scène politique qualifient de peu d’envergure. Une victoire de Déby ne ferait pas de doute, selon les observateurs avertis de la scène tchadienne. Si leur prédiction se confirme, le Tchad aura à sa tête Idriss Déby Itno, pour au moins jusqu’en 2027. Sinon plus, car selon la Constitution, il peut se représenter en 2027, pour un autre mandat de six ans. Le voir rester au pouvoir jusqu’en 2033 est donc loin d’être de l’utopie.  

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