Portrait : Hadj 2018, un Général aux commandes

Portrait : Hadj 2018, un Général aux commandes

Rigueur, transparence, équité. Ces trois mots qui sonnent comme une devise résument aisément la conduite que tente d’inculquer Idriss Dokony Adiker à la Commission Permanente d’Organisation du Hadj et de la Oumra au Tchad.

À la surprise générale, le Président de la République, Idriss Déby Itno, confie la gestion de l’organisation du Hadj au Général de Brigade, à la retraite, Idriss Dokony Adiker, Chef de Canton Dangléat-Est, dans le Guéra.  Cette nomination survient après une série de scandales ayant plombé l’organisation des Hadj précédents avec leurs lots de détournements de fonds, de faillite organisationnelle, d’incompétence notoire et de souffrance infligés aux pèlerins censés aller dans la quiétude accomplir leur devoir religieux. Il n’y a donc pas mieux qu’un ancien Directeur Général de la Police Nationale pour mettre un terme au désordre organisé au sein de cette commission.

Depuis sa nomination, l’ancien élève de l’école de Fada et du Lycée de Faya trimballe son près de deux mètres de longs entre deux avions. S’il n’est pas en Arabie Saoudite, on le retrouve à Addis-Abeba négociant des tarifs avantageux pour le transport des pèlerins tchadiens ou au Pakistan pour avoir les meilleurs prix pour l’Ihram de ses concitoyens, ou encore à Dubaï…

Si Dokony Adiker voyage aisément ce que l’armée lui a facilité un peu les choses puisqu’il a commencé sa reconversion avant même de quitter la grande muette ! Sportif accompli, l’ancien joueur de l’équipe nationale de volley-ball a rejoint l’encadrement national de cette discipline en devenant le Président de la fédération nationale. Il accède ensuite à la tête du Comité National Olympique et Sportif de 2013 à 2017.

C’est l’ensemble de ses expériences qui sont aujourd’hui mises à la disposition de la Commission Permanente de l’Organisation du Hadj. Depuis sa prise de fonction, Idriss Dokony n’a pas fait dans la dentelle. Contractualisation du personnel permanent, reprise en main des secteurs clés notamment la question de la gestion de l’hébergement. À la Mecque, l’hébergement était un véritable talon d’Achille des Commissions précédentes tant une certaine mafia à Djeddah met à mal la sérénité des organisateurs à travers la vente des places des Tchadiens à d’autres personnes venues d’ailleurs.

Il a organisé le travail au sein de la Commission de telle sorte que le personnel a mis en place une journée en deux temps pour permettre un arrêt de travail à Midi pour le reprendre en après midi pour un meilleur rendement. Il s’est entouré également des professionnels de différents métiers pour l’aider à l’accomplissement de ses tâches.

L’une de ses plus grandes réussites est sa grande technique de négociation qui a permis d’avoir des tarifs avantageux et ainsi relevé la qualité de la prestation de la Commission tout en baissant le coût pour les pèlerins. Avec 1.550.000 FCFA, le Tchad propose le tarif le moins cher de toute l’Afrique Centrale et de l’Ouest. Pour exemple, les Camerounais voisins immédiats du Tchad déboursent 2.240.000 FCFA pour pouvoir remplir leurs obligations.

Pour la première fois, les Tchadiens auront droit à un traitement à la hauteur de leur investissement, avec des bus aux normes, des tentes pourvues de matelas, coussins et draps à Mina et un service traiteur sur mesure pour la cuisine, ils peuvent même avoir leur bonne boule de maïs sur place. Décidément, la rigueur militaire fera du bien à tous.

AMAG

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