Pêche dans les caniveaux : une activité risquée qui n’inquiète pas ses pratiquants

Pêche dans les caniveaux : une activité risquée qui n’inquiète pas ses pratiquants

En cette saison de pluie, des adolescents s’adonnent à la pêche des poissons dans des caniveaux de N’Djamena. Ils sont nombreux à se plaire à cette activité en prenant tous les risques possibles.

Ils sont âgés entre 10 à 15 ans ces adolescents qui pratiquent la pêche dans les caniveaux et bassin de rétention leur chasse gardée. Ce matin, comme la plupart des jours, Brahim et ses camarades sont descendus sur le terrain. Aujourd’hui, ils ont choisi de pêcher dans les caniveaux du  boulevard  Taiwan longeant sur l’ancien cimetière d’Abena. Chacun est munie d’une canne à pêche artisanale, des vers de terre et un panier pour mettre les poissons qui seront éventuellement pêchés. Patience, agilité et tranquillité sont leur mot d’ordre. 

«  Nous souhaitons pêcher dans la tranquillité afin de capturer plus de poissons, cela nous permettra d’avoir beaucoup d’argent après la vente », souligne Brahim en souriant.

Et le résultat, Brahim et ses copains le propose aux passants. «Celui-ci est à combien ?» demande un consommateur. «  250 francs », répond Brahim. Chaque poisson est vendu selon son volume. Ils peuvent être vendus en tas entre 250 à 500 francs CFA. « Si la vente est médiocre » Brahim pourra retrouver ses poissons le soir dans son assiette à la maison.

Un tas de poissons capturés dans les caniveaux Photo: Tchadinfos.com

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Les techniques utilisées par ces jeunes sont multiples. Si certains, comme Brahim, utilisent les cannes à pêche pour prendre les poissons, d’autres n’hésitent pas de plonger pieds et mains dans ces caniveaux pour pêcher.

La saison de pluie est propice pour ces jeunes pêcheurs. Les caniveaux, les mares se remplissent rapidement avec les eaux de la pluie et cela fait leur bonheur malgré les risques.

« Ces enfants sont exposés à plusieurs maladies bactériennes. Ils peuvent facilement  contracter des  maladies  gastro-entérite », précise Néhoudamadji Fernand, médecin généraliste dans un hôpital de la capitale. Selon lui, « ces adolescents peuvent aussi se blesser  et attraper le tétanos parce qu’il existe dans ces caniveaux les tôles rouillés, les aiguilles et les bouteilles. »

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En dépit des conséquences directes qu’encourent ces enfants, il y a également des conséquences indirectes.

« En mangeant ces poissons, ils peuvent être atteints par la filariose. Cela occasionnera la diarrhée, les vomissements, les maux de ventre. Et si ces adolescents tombent malades, ils peuvent aussi contaminer leur entourage de beaucoup d’autres maladies » souligne  Néhoudamadji Fernand.

A la maison, Brahim n’est pas inquiété par ses parents. Car, de cette activité, le jeune vacancier pêcheur trouvera de quoi préparer la rentrée de classe prochaine.

Halam Gaël, stagiaire

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