Opinion : La place des enfants, c’est dans les salles de classe

Opinion : La place des enfants, c’est dans les salles de classe

Depuis quelques jours,un message sur le mariage des enfants et la scolarisation des filles défraie la chronique sur la toile. Tout est parti d’ une affiche de l’ONG SWEEDD sur laquelle est postée la photo du Cheikh Abdeldaim Abdallah, secrétaire général du Conseil supérieur des affaires islamiques du Tchad, avec un message de sensibilisation qui dit:”non au mariage des enfants, oui à la scolarisation des filles”.

Le sujet qui est devenu viral a suscité l’indignation de certains internautes qui pensent que le cheikh ne devrait pas tenir de tels propos. Selon eux, le Cheikh va à l’encontre du principe de l’Islam sur la question du mariage même s’ils n’appuient pas leurs dires avec des textes coraniques. D’autres par contre, soutiennent le message du Cheikh en avançant les conséquences liées au mariage des enfants.

Mais que dit la loi par rapport à ce sujet ?

L’ordonnance N° 006/PR/2015 portant interdiction du mariage d’enfants au Tchad fixe l’âge minimum du mariage à 18 ans, et établit une peine d’emprisonnement de 5 à 10 ans et une amende de 500 000 à 5 000 000 francs cfa pour toute personne qui contraint par quelque moyen que ce soit, une personne mineure au mariage.

La loi N° 029/PR/2015 sur l’interdiction du mariage des enfants a été signée et promulguée par le Président de la République du Tchad le 21 juillet 2015.

Se référant à cette loi, il est clair que la République du Tchad interdit le mariage des enfants. L’État tchadien œuvre par la même occasion à l’éducation des filles en âge d’aller à l’école. Donc le Cheikh ne fait que véhiculer le message suivant le combat que mène la République du Tchad en faveur des enfants.

Du point de vue social, un enfant a besoin d’un encadrement, d’une bonne éducation. Un enfant doit être formé, protégé pour mieux affronter sa vie d’adulte. Or, le mariage est une responsabilité que beaucoup d’enfants ne sont pas prêts à assumer.

Risques sur la santé

Le mariage d’enfants entraîne souvent des violences et abus sexuels de la part du mari. Des risques liés notamment aux grossesses précoces, premières causes de mortalité chez les 15 à 19 ans, mais aussi au VIH, car, même si une fille a eu la chance de recevoir une éducation sexuelle, elle est rarement en capacité de négocier des relations sexuelles protégées, d’après l’ONG Plan International.

Analphabétisme

Une étude a montré également que beaucoup de filles abandonnent les études après le mariage. Par conséquent, le Tchad a un taux d’analphabétisme de 78 % dont 89 % chez les femmes, d’après le ministre de l’Éducation nationale et de la Promotion civique, Aboubakar Assidick Tchoroma, à l’occasion de la Journée internationale de l’Alphabétisation célébrée en septembre dernier.

Pauvreté

Toujours selon Plan International, chaque année, plus de 12 millions de filles sont mariées de force avant l’âge de 18 ans. Ces filles voient alors leur droit à l’enfance et à l’éducation volé, et leurs perspectives d’avenir et d’évolution limitées. Le mariage d’enfants maintient les jeunes filles dans des conditions de pauvreté et d’impuissance, de génération en génération.

Les enfants sont l’avenir. Plus ils sont éduqués, plus l’humanité se porterait mieux. Les parents, le gouvernement, les organisations doivent multiplier les efforts pour garantir un avenir meilleur aux futurs cadres et responsables de notre pays. Donner en mariage les enfants et les priver d’éducation c’est empêcher la participation au développement, de plus de 52℅ de la population Tchadienne (le taux des femmes).

Pour paraphraser le musicien tchadien Sultan dans « enfants soldats », nous disons nous aussi que la place de nos enfants c’est dans les salles de classe et non dans des nuits de noces. Nous joignons notre plume aux voix de millions de personnes à travers le monde pour dire stop au mariage des enfants, oui à la scolarisation des filles.

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