Opinion : la justice tchadienne à la croisée des chemins

Opinion : la justice tchadienne à la croisée des chemins

Les Députés ont interpellé le ministre de la Justice dans le cadre de leur mission de contrôle de l’action gouvernementale. Cette séance retransmise en direct a permis aux citoyens de mieux appréhender le fonctionnement de la justice tchadienne tant décriée.

En début de cette semaine, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de droits de l’homme était face aux élus du peuple à l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Il répondait à la question orale des élus du peuple. Ce qui a surpris plus d’un citoyen lors de cette question orale, les députés de tous les bords politiques n’ont pas fait de cadeau au ministre de la Justice. Ils ont tous invectivé les dysfonctionnements de notre justice. Une justice qui ne rend pas justice aux justiciables.

Certains députés qui n’ont pas leurs langues dans la proche ont fustigé le comportement véreux et peu orthodoxe de certains magistrats qui sont souvent guidés par la course effrénée à l’enrichissement illicite et à la corruption.

D’autres ont estimé que la justice tchadienne a perdu ses lustres d’antan. Les usagers n’ont que les yeux pour pleurer puisque leurs dossiers s’empilent et moisissent dans les tiroirs. Des propos aigres et doux qui ont fait sortir le ministre de la Justice de ses gonds. Pour le ministre, il faut relativiser les choses. Des efforts considérables ont été consentis pour l’amélioration des conditions de vie des hommes en toge romaine. 

Ces arguties ont été balayées d’un revers de la main par plusieurs élus du peuple y compris ceux du parti majoritaire. Pour les parlementaires, très en phase avec les citoyens lambda, notre pays doit repenser son système judiciaire ont claironné à tue -tête au Palais de la Démocratie. 

En conclusion tous les députés ont à l’unisson laissé entendre que la justice tchadienne est corrompue jusqu’à la moelle épinière.  Mais le garde des Sceaux n’en croyait pas ses yeux.  Pour lui, le Gouvernement travaille pour apporter des améliorations au sein des maisons d’arrêt et en dépit de l’onde de choc crée par la pandémie à coronavirus qui a plombé l’économie du pays, les pouvoirs publics ont mis les bouchées doubles pour assurer l’alimentation des prisonniers à travers les maisons d’arrêt du pays. Cela grâce au concours indéniable des fournisseurs. Même si le paiement de leur argent tarde, ils prennent leur mal en patience et continuent d’apporter des vivres aux prisonniers. L’État n’a jamais failli à sa mission. Il a toujours nourri ses prisonniers, a-t-il fait savoir.

Il y a peine trois jours après le passage du Ministre de la Justice au Parlement, qu’un incident malheureux s’est produit au Palais de justice de N’Djamena ce 17 septembre 2020 apportant ainsi un démenti cinglant aux assurances du ministre qui a nié en bloc qu’il n’existe pas des intouchables dans ce pays. Des individus bien organisés ont réussi à perturber le déroulement des audiences et ont également réussi à partir avec un des leurs, qui a subi la rigueur de la loi. Aux dernières nouvelles, le fugitif et ses complices ont été retrouvés et mis au frais à la maison d’arrêt de N’Djamena.

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