Mongo : le sort critique des enfants talibés

Mongo : le sort critique des enfants talibés

Le gouvernement avait promis par le passé mettre fin au problème des enfants talibés (disciplines de marabouts) exploités dans les écoles coraniques créées anarchiquement dans le seul but de profiter au maître (marabout). Mais cette pratique persiste à Mongo dans le Guéra.

Nous avons fait le constat dans la ville de Mongo. Dans la ville pullule ces enfants talibés. Certains se transforment en des mendiants ou bien des bandits. Ces enfants témoignent que leurs maîtres leur exigent souvent une taxe journalière d’au moins 250 francs, ce qui les pousse parfois à voler pour éviter des représailles de leurs maîtres. Ils sont nombreux dans les marchés, ils mènent des activités telles que le transport d’eau à dos d’âne communément appelé dans le langage local ” Khouroudj ”, le transport des bagages en pousse-pousse pour pouvoir simplement payer la taxe exigée.

Un témoin d’une de ces scènes raconte : “Une fois, un garçon talibé accompagne une femme commerçante au marché avec ses effets, comme ils ont l’habitude de le faire. Arrivés au marché, elle l’envoie, avec 500 francs lui acheter le crédit pour 250 francs. L’enfant lui recharge les unités mais n’est plus revenu avec le reste de l’argent. Un autre jour, elle l’aperçoit au marché et l’attrape. Ayant pris peur, l’enfant lui raconte que s’il n’était pas rentré avec les 250 francs, Dieu seul sait ce qui l’attendait. Elle prit rendez-vous avec l’enfant pour qu’il l’emmène chez son maître. Après cette visite, l’enfant est copieusement battu. Ensuite, il va voir la femme qui reviendra plus tard avec la police pour arrêter le maître”. Notre témoin indique n’avoir pas de suite de l’affaire.

Certains citoyens pensent que le gouvernement doit reconsidérer  son offre afin de redonner à ces enfants leurs places dans la société. Pour eux, l’État peut aider en appuyant les instituts islamiques appelés en arabe ” Khalwa ” où en créant d’autres pour que ces enfants puissent étudier dans des bonnes conditions. Car, soulignent-ils, un adage ne dit-il pas que ” si on pense que investir dans l’éducation coûte cher, on saura que l’ignorance coûte encore plus cher ”.

Béchir Badjoury Abbanou

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