Métier : c’est quoi être « goumier » au Tchad ?

Métier : c’est quoi être « goumier » au Tchad ?

A chaque nomination d’un chef de canton, il est indiqué qu’il  sera assisté d’un secrétaire et de tel nombre de goumiers. Dans la société traditionnelle tchadienne, beaucoup reconnaissent les goumiers de part leur rôle et leur accoutrement. Mais, c’est quoi être justement « goumier » au Tchad ?

Selon certains documents, le mot goumier vient du terme « goum » qui désigne une compagnie de goumiers. Il provient de l’arabe maghrébin « gūm » et de l’arabe classique « qawm », signifiant « tribu, peuple, gens » qui désigne les contingents de cavaliers armés que certaines tribus fournissent au chef du pays lorsqu’il fait une expédition.

Dans son acceptation francophone la plus utilisée aujourd’hui, le « goumier » (en arabe : « goumi »), membre d’un goum, a un sens très péjoratif issu, cette fois, de la guerre d’Algérie, pendant lesquels les goumiers d’Algérie étaient, comme les harkis, des supplétifs de l’armée française.

Le terme goumier est ainsi élargi à d’autres pays du Sahel et du Sahara notamment, le Tchad dont les Etats précoloniaux ont entretenu des relations avec les pays arabes et l’Empire Ottoman. Comme écrivait cet auteur « au Sahel et au Sahara, les troupes coloniales françaises appellent goumiers les méharistes nomades, par opposition aux tirailleurs « sédentaires ». Les goumiers servent ensuite aux côtés des gardes-cercles et gardes méharistes, dépendant de l’administration coloniale. Les goumiers sont jusqu’en 1958 sous statut civil bien que servant comme militaires ».

Aux indépendances africaines, les goumiers rejoignent les gardes nationales de leur nouvel Etat. C’est le cas au Tchad où des goumiers ont été les premiers à former la Garde Nationale et Nomade du Tchad (GNNT). Une autre partie est restée dans la sécurité des autorités traditionnelles et coutumières dont le premier texte les régissant après l’indépendance, est l’ordonnance n°4/INT du 13 février 1960 portant organisation administrative générale du territoire du Tchad, mais surtout le décret n°102/PR/INT du 6 mai 1970 portant statut de la chefferie dont l’article premier mentionne que les chefs traditionnels sont les sultans, les chefs de canton et les chefs de groupement de villages et les chefs de village.

Avec la naissance de l’armée tchadienne, les goumiers sont désormais « agents de sécurité » auprès des sultans, chefs de canton, de tribus et groupements. Leur nombre, auprès de chacune de ces entités traditionnelles, est fixé par le décret n°629/PR/RM/MATGL/2016 du 15 septembre 2016, qui a modifié d’autres actes un peu anciens. Nous nous servons de ce décret car, c’est lui qui est en vigueur actuellement.

De ce fait, « le nombre des goumiers et secrétaires des autorités traditionnelles et coutumières est fixé comme suit : sultan : cinq goumiers et un secrétaire ; chef de canton : deux goumiers et un secrétaire ; chef de tribu : deux goumiers et un secrétaire ; chef de groupement : un goumier et un secrétaire ».

Leurs salaires sont pris en compte par le décret n°630/PR/RM/MATGL/2016 du 15 septembre 2016 fixant les rémunérations mensuelles des secrétaires et des goumiers des autorités traditionnelles et coutumières.

L’acte présidentiel précise que « les allocations mensuelles des secrétaires et des goumiers des autorités traditionnelles et coutumières sont exclusives de toutes remises pour les secrétaires 60 000 FCFA et pour les goumiers 60 000 FCFA ». Ces allocations mensuelles des secrétaires et des goumiers des autorités traditionnelles et coutumières sont uniformes et exclusives de toutes remises et ne peuvent être cumulées avec les traitements des fonctionnaires.

Par contre en 1960, le décret n°45/INT du 11 mars 1960 réglementant le mode de recrutement et de rétribution des goumiers des chefferies nomades dans le territoire de la République du Tchad, relève que les goumiers sont recrutés par décision des sous-préfets et leur salaire sera réglé sur état nominatif et certificat de service fait par les sous-préfets qui seront, à cet effet, désignés comme billeteurs.

En 1960, il est précisé que le salaire des goumiers ne saurait être inférieur au salaire minimum interprofessionnel garanti en vigueur dans les sous-préfectures où ils sont en service. Le décret de mars 1960 mentionne que chaque goumier fournira sa monture. En cas de manquement à la discipline, les sous-préfets pourront révoquer les goumiers après un avertissement et un blâme.

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