”Marche du peuple” : ”Pour la première fois, on a brisé le mur de la peur, de lamentation (…)”

48 heures après la “marche du peuple”, quelques-uns de ses initiateurs notamment des leaders des partis politiques et associations de la société civile affirment que le mot d’ordre a été suivi. Tout de même, ils informent qu’ils n’en resteront pas là.


Ils étaient plusieurs responsables de la société civile et des partis de l’opposition à s’être donné rendez-vous le samedi 6 février dans les rues de N’Djaména. L’objectif premier est de protester contre le sixième mandat du président Idriss Deby Itno. Une manifestation qui a été réprimée par la police anti-émeute. Plusieurs blessés et arrestations ont été enregistrés.

Pendant cette marche, le leader du parti Les Transformateurs, Dr Masra Succès, le secrétaire général provincial du parti la Convention tchadienne pour la paix et le développement (CTPD), Jean Michel Djerané et quelques manifestants, acculés par les éléments du Groupement mobile d’intervention de la police (GMIP), ont trouvé refuge dans les locaux de l’ambassade des États-Unis au Tchad. Ils s’y trouvent toujours.

Contactés, des têtes d’affiche de ce mouvement de protestation estiment que le but est atteint. Il y a trois bilans à souligner, indique le vice-président du parti Les Transformateurs, Dr Sitack Yombatinan. “Le premier est celui de la justice. On s’est rendu compte que dans tous les arrondissements de N’Djaména, les gens étaient sortis. Ils sont sortis pour la justice, pour avoir le pain quotidien, avoir de l’eau potable, des centres de santé adéquats, pour le travail. Donc le bilan est positif“, informe-t-il.

Il poursuit que le deuxième bilan qui porte sur l’inclusivité est aussi une réussite. “Pour la première fois on a brisé le mur de la peur, de lamentation et de divisionisme. Les gens ont marché dans les provinces, dans les pays où résident les Tchadiens… Ce qui montre que la marche a été inclusive”. Le troisième bilan est l’alternance au pouvoir, déclare-t-il. “C’est un acte 1, il reste acte 2, 3 et 4 devant encore“, clame-t-il. Même son de cloche du côté du Parti populaire pour les libertés (PPL).

Pour le secrétaire général provincial de la Convention tchadienne pour la paix et le développement (CTPD), Jean Michel Djérané, qui fait le point depuis l’intérieur de l’ambassade des États-Unis, le pari est tenu. “ Des enfants, femmes, jeunes, toute une corporation était sortie pour dire qu’il y a une chose qui ne marche pas dans le pays“.


Jean Michel Djérané exige en outre la libération des manifestants arrêtés par la police. “Nous sommes toujours à l’ambassade des États-Unis, nous voudrions que le gouvernement nous donne des garanties qu’il ne nous reproche rien. Pour le moment, nous exigeons que le pouvoir puisse libérer nos camarades, avant qu’on ne rentre chez nous. Car on ne peut pas estimer être leaders, lancer un mouvement de contestation et vouloir rester”, dit-il.

La “Dynamique stop ça suffit”, quant à elle, prévoit d’autres actions. “Le combat n’est pas encore gagné, nous pensons qu’il faut faire un peu plus. D’ici demain nous allons organiser une réunion qui regroupera tous les acteurs pour envisager rapidement des actions de grande envergure. Tant que le régime actuel restera, il y aura des actions pour obtenir son départ et modifier la constitution pour se conformer à la charte de l’Union africaine“, déclare son principal responsable, Moussaye Avenir De la Tchiré.

Des manifestants arrêtés

Le soir du 6 février, la police a annoncé avoir arrêté des manifestants. A ce sujet, le vice-président du parti Les Transformateurs, Dr Sitack Yombatinan dit qu’il “ vient d’avoir les avocats, parce que nous ne dormons pas“. A Moundou, ils sont 45 à être arrêtés dont un mineur et une femme qui sont libérés. A N’Djamena, dans le 3e arrondissement, 19 manifestants ont été arrêtés, informe Dr Sitack. Du côté de la “Dynamique stop ça suffit”, il y a eu 12 membres qui ont été arrêtés, signale son leader, Moussaye Avenir De la Tchiré. “Quatre ont été libérés pour des raisons que j’ignore jusque-là”, confie-t-il.

Dans sa communication du 6 février, le porte-parole de la police nationale, Paul Manga, a annoncé que des dizaines de manifestants ont été arrêtés et seront poursuivis devant la justice pour trouble à l’ordre public, atteinte à l’intégrité des agents et destruction des biens publics.

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