Mali : "la sécurité règne dans tout le Nord" selon Gal Oumar Bikimo, commandant des FATIM

KIDAL (Mali), 5 avril (Xinhua) — Kidal, située à 350 km au nord de Gao au coeur de l’Adrar des Ifoghas, et tout le Nord du Mali sont pratiquement sous contrôle, a déclaré vendredi à Xinhua le Gal Oumar Bikimo, commandant des Forces Armées Tchadiennes d’Intervention au Mali (FATIM).

“C’est la fin des opérations dans le massif des Ifoghas. Nous avons tout nettoyé, il n’y a plus de narcoterroristes. Le ratissage a été fait, et par les FATIM et par l’armée française et par les forces spéciales françaises”, précise le Gal Bikimo.

Selon l’officier tchadien, la sécurité règne à Kidal et dans tout le nord du Mali. “Certes, il peut avoir quelque part un ou deux voyous qui puissent faire un peu de mal”.

Le 26 février, quatre à six personnes ont été tuées lors d’un attentat suicide à la voiture piégée au niveau d’une barrière militaire tenue par les hommes du Movement national pour la libéraiton d’Azawad (MNLA). L’attaque a été revendiquée par le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) .

“Nous avons pris des mesures de sécurité après cet incident. Des buttes ont été construites tout autour de Kidal pour éviter des infiltrations de véhicules. Je pense que pour le moment, il n’ y a pas de soucis”, rassure le commandant des forces tchadiennes.

Le Gal Bikimo rappelle à Xinhua le long voyage que lui et ses hommes ont fait depuis leur départ de N’Djaména, la capitale du Tchad, fin janvier 2013.

“Après Niamey, au Niger, nous avons traversé la frontière nigéro-malienne, puis monté vers le Nord Mali. Nous avons récupéré Andéramboukane, puis Ménaka, à une centaine de kilomètres de la frontière nigérienne”.

Les troupes tchadiennes montent jusqu’à Kidal, à une heure et demie de vol d’Antonov de Niamey, qu’ils libèrent. De là, le contingent tchadien, fort de 2.400 hommes, se divise en deux axes: l’un vers l’Ouest et l’autre vers l’Est. L’axe Ouest marche sur Aguel’hoc, puis Tessalit. L’axe Est part, lui, de Kidal jusqu’au coeur de l’Adrar des Ifoghas. C’est là, sur cette chaîne de montagnes où les djihadistes se sont retranchés, que les deux colonnes des Fatim se rejoignent.

Le 22 février 2012, dans l’Adrar des Ifoghas, les forces tchadiennes livrent des combats très acharnés contre les troupes djihadistes. Le bilan sera très lourd: 26 soldats tchadiens et une soixantaine d’islamistes tués, dont deux de leurs chefs, Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar. Des montagnes des Ifoghas, les Tchadiens redescendent à Aguel’hoc, Kidal et Andéramboukane où ils font jonction avec les Français pour finaliser toutes les opérations.

Les FATIM sont de retour à Kidal depuis une semaine.

“Nous sommes en récupération”, confie le Gal Bikimo. Ce qui signifie en jargon militaire “être au repos pour quelques jours”. Même s’ils ne font pas la guerre comme il y a quelques semaines, les militaires tchadiens, qui occupent le camp militaire de Kidal et les montagnes autour de la ville, sont en activité toute la journée. Ils font régulièrement des patrouilles de sécurisation de la zone ils vivent.

“Nous faisons également des entraînements. Car le métier quotidien du militaire, que ce soit au Tchad ou ailleurs, est sans relâche”, explique le chef des FATIM.

Premières troupes étrangères à venir épauler les Français qui ont déclenché, en janvier 2013, la riposte pour arrêter les rebelles djihadistes qui montaient sur Bamako, la capitale du Mali, les soldats tchadiens attendent toujours que les troupes de la MISMA viennent les “épauler ici au Nord et prendre par la suite [ leur] relève”.

“Pour toute mission, qu’on soit ici ou ailleurs, le mandat est logiquement de six mois. Dans une telle opération, il faut procéder à une relève, cela est encourageant pour la troupe”, explique le Gal Bikimo, ancien chef des Forces armées multinationales d’Afrique centrale (FOMAC) en République centrafricaine.

Même s’il est impatient de voir les hommes de la MISMA à côté de ses soldats, le commandant des FATIM refuse de condamner la lenteur dans le déploiement de la mission internationale, placée désormais sous le mandat des Nations-Unies.

“Ces opérations (au Nord Mali, Ndlr) ont commencé dans la précipitation. Personne n’était préparé pour cette guerre. Donc je ne donne pas tellement tort à la MISMA, il y a lieu de leur donner le temps, qu’ils préparent les hommes et qu’ils les déploient”, conclut le Gal Bikimo.

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