Liberté de la presse : le Tchad classé 123e par RSF

Liberté de la presse : le Tchad classé 123e par RSF

Reporter  Sans Frontière (RSF), une ONG basée à Paris en France, a rendu public son classement annuel sur la liberté de la presse dans le monde. Le Tchad perd une place.

Reporter sans Frontières (RSF) intitule son rapport sur le Tchad: Violences, arrestations arbitraires et cybercensure. Il ne fait pas bon être journaliste au Tchad » selon Reporter sans frontières.  Pour cette ONG, « les reporters sont régulièrement arrêtés après la publication de certains articles. La plupart d’entre eux sont libérés assez rapidement, mais d’autres sont maintenus en détention arbitraire pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et certains subissent de mauvais traitements en prison ».

En 2019, un directeur de publication, initialement poursuivi pour diffamation par une ancienne ministre a été condamné à trois ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs informatiques », des charges totalement inventées par l’accusation afin de pouvoir le maintenir en détention. Agressé en prison, il est incarcéré dans des conditions exécrables. Les enquêtes et articles traitant de l’impunité ou critiquant le président Idriss Déby Itno et son entourage ne sont pas tolérés et peuvent valoir expulsion pour les journalistes étrangers, enlèvement et arrestation arbitraire pour les Tchadiens, mais aussi suspension pour les médias nationaux, comme ce fut le cas pour un hebdomadaire en 2018, explique RSF

Reporter sans frontières rappelle que les journalistes sont exposés à la menace terroriste, comme est venue le rappeler la mort d’un caméraman de la télévision nationale après l’explosion d’une mine en 2019. En plus selon RSF, les journalistes subissent aussi de plein fouet la violence des forces de l’ordre lors de la couverture des manifestations contre les mesures d’austérité du gouvernement.

Les organisations et associations de journalistes ne restent pourtant pas silencieuses : une « journée sans presse » avait été onstituée en février 2018 pour dénoncer la répression brutale et massive des médias par la police politique et les agents du gouvernement qui jouissent d’une impunité totale. Un mois plus tard, les autorités ont ordonné la coupure des réseaux sociaux. L’accès n’a été rétabli qu’en juillet 2019, soit après 470 jours de coupure, faisant du Tchad l’un des pires cybercenseurs du continent africain ces dernières années.

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